Bizeul. De Rezay et du pays de Raiz, 1853, p
3. L.-F. Sauvé. Lavarou Koz, p. 163; Bizeul, 1. c. ; B. Jollivet. Les Côtes-du- Ns, d, t. 1, p. 336.
LES VILLES
Des prophéties indiquent le genre de catastrophe qui détruira des villes ; les suivantes sont fondées sur la situation de celles qu’elles visent.
Aullitous deabt péri péi fœc,
Tulla per l'aygua ,
Et Courreya per la mer cia.
Egletons doit périr par le feu, parce qu’étant située sur un lieu élevé, il y fait beaucoup de vent, ce qui rend les incendies terribles, Tulle par l’eau, à cause des ravages produits par la Solane et la Corrèze ; la ville de Corrèze est éloignée de cours d’eau1. On dit aussi en Haute-Bretagne que Saint-Malo dont le système d'égouts est défectueux, éprouvera le même sort que Corrèze. Dijon périra par Suzon, rivière qui passe en terre sous Dijon même, et qui un jour en minera les assises de sorte qu’elle s’abîmera tout entière ; suivant d’autres les égouts qui s’y déchargeaient autrefois devaient y amener la peste 2.
Comme les campagnes et les châteaux, les villes ont eu, surtout autrefois, des hantises, qui du reste n’en sont guère différentes. On s’est bien moins attaché à les noter, et c’est par hasard que plusieurs sont parvenues jusqu’à nous. 11 est probable qu’on en racontait jadis en assez grand nombre ; dans la seule petite ville de Boulai en Lorraine, une dame en recueillit vers la fin du XVIIIe siècle, une quarantaine ; madame Vaugeois en a relevé plusieurs à Nantes 3.
Quelques personnages dont les gestes présentent des affinités avec ceux des coryphées des chasses fantastiques se montraient dans les villes, parfois aux mêmes époques où l’on disait qu’ils se promenaient dans la campagne. Le roi Hugon était censé chevaucher la nuit autour des villes et des remparts des places de guerre ; de sa puissante main ou d’une baguette invisible, il frappait et abaLtait les mortels assez peu chanceux pour se trouver sur son passage ; il les chassait devant lui et très souvent les faisait disparaître du milieu des vivants. A Tours, disait-on, était établi le siège de son empire : une porte et l’ancien port de cette ville lui étaient assignés pour séjour par la crédulité populaire ; une tour même au commencement du XIXe siècle se nommait encore Tour feu Hugon 4. Une dame blanche montait autrefois une des rues de Moncontour de Bretagne ; son corps avait l’air d’une fumée et elle semblait seulementefïleurer la terre. Dans le faubourg Sainte-Marguerite â Liège, on redoutait les apparitions de li p’tite Manque femme , petit