‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 245 sur 503 · PARTICULARITÉS DES RUES · texte numérisé non relu

PARTICULARITÉS DES RUES

On rencontre dans les villes des parallèles du cliar de la Mort (cf. t. I, p. 152 et suiv.). Le Jour des Morts on entend un char funèbre parcourir les rues du Pollet. Il est traîné par un attelage de huit chevaux blancs, et des chiens blancs le précèdent en courant. Au moment où ce convoi défile, on distingue aisément la voix des gens qui sont morts dans le cours de l’année qui vient de finir. Mais très peu de personnes ont vu cette apparition, car ceux qui ont été témoins doivent s'attendre à une mort prochaine. C’est pourquoi chacun ferme ses fenêtres lorsqu’on entend ce lugubre cortège1. A Nantes, on disait autrefois que toutes les nuits on entendait un roulement de voiture qui passait sur la place Bretagne et dans les principales rues; on l’appelait la «Voiture de Minuit » et l’on croyait que c’était le diable qui se promenait ; dans ce quartier, au moindre roulement de voiture qu’ils entendaient un peu tard, les enfants se fourraient la tête sous leurs couvertures, dans la frayeur de voir passer la voiture de Minuit2.

A Bordeaux, on désigne dans plusieurs quartiers de la ville certains carrefours où ceux qui croient au Sabbat prétendent que les sorciers et les sorcières exécutent des danses échevelées 3 4 5.

Comme les châteaux, les villes ont leurs légendes de trésors cachés. Les païens en ont laissé à Tour Valletta et à Saint Roch dans la ville de Menton. A Nantes existe la tradition de trésors découverts parfois dans des circonstances merveilleuses ; et l’on prétendait que plusieurs se trouvaient dans des maisons de la ville de Baugé \

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