‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 247 sur 503 · G. de Mensiguac. Sup. de la Gironde , p · texte numérisé non relu

G. de Mensiguac. Sup. de la Gironde , p

4. J. -B. Andrews, in/ïeo. des Trad. t. IX, p. 256;MmeE. Vaugeois, ibid, t. XIII, p. 133-139; G. Kraysse. Le Folk-Lore buuçjeois, p. 40.

5. Paul Sébillot. Lé/jendss locales , t. II, p. 215 ; Du Bois de la Ville llabel. Le Vieux Saint-Brieuc, p. 218.

LES VILLES

Il est probable que les anciennes villes possédaient des statues ou d’autres objets qui constituaient pour elles une sorte de palladium, dont la perte pouvait amener les plus graves conséquences. On ne lésa guère relevées ; cependant on disait à la fin du XVIIIe siècle que si la bougie du Guéodet s’éteignait, Quimper devait être submergé. A Saint- Malo, la Croix du Fief et la Vierge de la Grande Porte mettent la ville à l’abri de toute épidémie V D’après Grégoire de Tours, les Parisiens disaient pour expliquer l'invasion soudaine des rats à la suite des Vandales, que leur ville de Lulèce avait toujours été préservée des incendies et des animaux malfaisants par la protection d’un dieu, auquel on avait fait hommage de certaines figures, enfouies dans un lieu consacré. Le malheur voulut qu'en creusant un égout, on déplaçât ces saintes images. Alors les bêtes malfaisantes s’emparèrent de la ville, et l’incendie la ravagea. Vers 1649, une nouvelle espèce de rats ayant fait son apparition, on reparla des images d’airain enfouies comme talisman dans un coin de Paris, puis dérangées par accident. On ajouta cependant une variante ; cette fois, c’était un chaudronnier qui les avait trouvées, puis fondues ; dès le lendemain, disait-on, les rats de nouvelle espèce avaient fait leur entrée dans la ville 1 2.

A l’approche des catastrophes, les saints protecteurs des cités se montraient parfois pour en prévenir les habitants. Chaque fois que Besançon était menacé de quelque malheur, saint Ferréol et saint Ferjoux sortaient de leur tombe miraculeuse pour parcourir les rues un flambeau à la main3 4 5; à Grenoble, un ancien évêque, chassé par ses ouailles, vient en pareille occurence à la porte des Adieux, ainsi nommée parce que c’est là qu’il fit ses adieux à sa ville épiscopale avant de se retirer dans les montagnes ; on y voit aussi une ombre blanche qui pousse des gémissements; cette apparition se montra, dit-on, au moment du retour de l’ile d’Elbe \

Des statuettes que l’on voyait sur certaines maisons, et dont quelques unes subsistent encore, ont reçu du peuple des noms qui se rattachent au folk-lore ; le plusordinairementelles personnifient la ville assimilée à un personnage masculin et sa femme est auprès de lui. A Thouars (Deux Sèvres), deux figures grotesques représentent une femme qui envoie un baiser à un homme qui fait la grimace : les habitants ne manquent pas de demander à ceux qui se vantent d’avoir visité leur ville, s’ils ont bien vu Thouars et sa femme, noms que portent ces sculptures B. A Nantes, où existaient des statuettes de ce genre, on

1. Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 331 ; F. Duine, in Rev, des Trad. pop.,

t. XVI, p. 506.

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