‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 249 sur 503 · Du Brcul. Théâtre des Antiquités de Paris, p · texte numérisé non relu

Du Brcul. Théâtre des Antiquités de Paris, p

LES VILLES

D'autres sculptures servaient à des facéties dont les naïfs étaient victimes. Il y en avait une à Paris qui était bien connue : On force, dit Sauvai, les apprentis nouveaux venus chez les marchands et les artisans des halles d’aller baiser la figure d’une truie qui file, sculptée contre une maison du Marché aux Poirées, non pas sans leur bien cogner le nez en la baisant. A la mi-carême les garçons de boutique des environs, les apprentis, les servantes et les portefaix des halles y faisoient des folies1. On disait autrefois aux gens des environs de Sens qui allaient pour la première fois à Paris, qu’ils devaient, sous peine de ne pas y entrer, embrasser le derrière d’une vieille femme qui se trouvait à la barrière ; à Montbard (Côte-d'Or), c'était celui du Jacquemart placé sur l’hôtel-de-ville 2.

Certains noms de lieux ou de rues avaient une origine légendaire, ou parfois la légende était faite après coup pour les expliquer. Au XVIII8 siècle Mercier disait : Je regarde avec respect le Puits d'amour, rue de la Truanderie ; c’étoit l’autel où les amants du bon vieux temps se juroient et se gardoient fidélité3. Ce nom, d’après d'autres, lui venait des suicides qui s’y étaient accomplis ; au XIIe siècle, une jeune fille abandonnée par son amant s’y était noyée ; au XVe siècle, un jeune homme, désespéré de ne pouvoir obtenir une jeune fille qu'il aimait s’y précipita aussi, mais il fut secouru à temps, et épousa la demoiselle. Il fit refaire le puits à neuf et y grava cette inscription :

L’amour m’a refait Eu 1525 tout à fait.

Et c’est de là que lui vint son nom de Puits d’amour4.

Suivant une vieille tradition, la peste qui sévissait à Perpignan cessa à l'apparition d'un ange armé d'un glaive, qui se montra à l’extrémité de la rue qui a pris, en raison de cette circonstance, le nom de rue de l’Ange5 6. Une rue de Dole s’appelait rue de la Diablerie, en souvenir de l'aventure de douze jeunes libertins qui, déguisés en diables un jour de mardi gras, allèrent se divertir dans un mauvais lieu et furent fout ébahis de voir qu’ils étaient treize au lieu de douze. Ils voulurent chasser ce treizième, mais ils ne purent jamais se défaire de lui".

Le peuple de Paris qui voulait à toute force que le nom de la rue aux Oues fût Ours, assuroit qu’anciennement on y gardoit et vendoit des ours, et pour preuve montre là un logis à porte cochère, entre la rue Salle-au-Comte et la rue Quincampoix, où au-dessus de la porte, à

1. Antiquités de Paris , t. 1(, p. 618, t. III, p. 57, t. 1, p. 653.

2 II. Marlot, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 247.

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