‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 250 sur 503 · LE PATISSIER ASSASSIN · texte numérisé non relu

LE PATISSIER ASSASSIN

l'arcade, est un ours sculpté, Bien plus, il assure que la plupart des caves, tant de cette maison que des autres voisines, sont faites comme des caveaux ou cavernes, avec des anneaux de fer tout autour, scellés dans les murailles et là dessus conclut qu’elles n’ont été faites ainsi que pour y mettre des ours A Dol, les anciens prétendaient qu’une tourelle de la rue Ceinte, qui était autrefois habitée par les chanoines, avait été construite pour que ceux-ci pussent savoir quand l’évêque quittait sa villa des Ormes pour rentrer en ville ;[dès qu’on l’apercevait on faisait sonner les cloches, et les chanoines se hâtaient de se rendre à leur poste

Une légende, qui s’attache à plusieurs villes, raconte que des maisons furent démolies à la suite de crimes commis par des charcutiers qui servaient de la chair humaine à leurs clients. La plus connue est celle que l’on avait localisée à Paris, dans une rue de la Cité : C’est de temps immémorial, dit un vieil historien, que le bruit a couru qu’il auoit rué des Marmousets, vil pâtissier meurtrier, lequel ayant occis en sa maison vn homme, aydé à ce par vn sien voisin Barbier, faignant raser la barbe ; de la chair d icelluy faisoit des pastez. Et que cela ayant esté descouvert, la Cour de Parlement ordonna qu’oultre la punition du Pâtissier, sa maison seroit razee, et outre ce vne pyramide ou colonne erigee audict lieu, en mémoire ignominieuse de ce détestable forfaict : de laquelle reste encore part et portion en ladicte ruë des Marmousets1 2 3. Cette historiette avait plusieurs variantes : Un écolier qu’on avail vu sortir de ce logis tout sanglant, raconta que le barbier l'avait attiré chez lui en promettant de le raser gratis, et qu’au moment où le barbier l’avait blessé, il avait pu le saisir à la gorge, et le précipiter dans une trappe ouverte. On vit en entrant qu’elle était refermée, et quand on descendit dans une cave commune aux deux boutiques, on surprit le pâtissier occupé à dépecer le corps de son complice qu’il n’avait pas reconnu 4. Suivant une autre version, le barbier, qui tuait ses clients pour les fournir après au pâtissier qui les servait lui-même à sa clientèle, était juif. La dernière pratique rasée par lui avait un chien, qui ne quitta pas la porte de la maison, d’où n’était pas sorti son maître. La femme de celui-ci, qui le cherchait, voyant que le chien refusait de quitter la place, eut un soupçon et prévint le commissaire. Une descente fut faite chez le barbier, et on trouva dans la cave, sur un tas d’ossements, la dernière victime qui n'avait pas encore été dépecée par le pâtissier. Quand la maison fut rebâtie, le chien révélateur eut la première place sur le tableau expiatoire, sculpté en bas-relief. Elle

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