‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 252 sur 503 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

LE PEUPLE ET L’HISTOIRE

LE PEUPLE ET L’HISTOIRE

Los légendes réunies dans le livre précédent racontent les circonstances merveilleuses ou singulières qui ont accompagné la construction des édifices, celles qui sont localisées dans leur enceinte ou dans leur voisinage immédiat ; il est en effet rationnel de ne pas les séparer du cadre où les conteurs les placent, parce que souvent il permet de mieux comprendre comment elles se sont formées et pourquoi elles sont arrivées jusqu'à nous, l’objet matériel servant en quelque sorte de jalon mnémotechnique.

Mais une autre série de traditions, bien qu’elles soient assez fréquemment l’attachées à des circonstances physiques, est plus particulière aux hommes qu’aux choses ; tels sont les souvenirs que garde le peuple de ceux qui, à diverses époques, ont joué un rôle religieux, militaire ou social. Dans les deux premiers chapitres j’ai essayé de retracer l’histoire légendaire du clergé, celle des seigneurs et du tiers état, et aussi de dégager, d’après les dires populaires, la psychologie de ces divers groupes.

Comme il s'agit presque toujours de faits relativement anciens qui ont pris la forme traditionnelle, les deux ordres jadis privilégiés y tiennent une place 'prépondérante : on a vu que le chapitre des villes, qui est en quelque sorte celui du tiers état urbain, est bien court si on le compare à ceux des églises et des châteaux. Dans presque toute la partie qui va suivre, et que l’on peut appeler historique, le peuple apparaît assez souvent, mais il n’est en réalité qu’un personnage secondaire, qui semble graviter dans l’orbite de ceux qui détiennent la puissance religieuse ou féodale.

J’ai placé à la suite des légendes de la féodalité celles des guerres : beaucoup ne sont que des épisodes que l’on retrouve, comme ceux des sièges, dans le folk-lore international. En les mettant à leur ordre chronologique, qui n’est pas toujours facile à déterminer, je n'aurais pu donner l’une à côté de l’autre, les variantes du même thème, et j’aurais alourdi la monographie déjà longue, dans laquelle j’ai réuni, par périodes historiques, les évènements du passé qui ont laissé une trace dans les récits populaires.

Page 1