‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 253 sur 503 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES GENS D'ÉGLISE

Les gens d’église, qui figurent dans beaucoup de chapitres de cet ouvrage, jouent surtout un rôle considérable dans les légendes de la construction, et un grand nombre de récits racontent ceux de leurs gestes qui, en relation avec les édifices qu’ils ont élevés, y sont expressément localisés. Les pages qui suivent constituent leur dossier personnel, tel qu’il résulte des proverbes, des croyances et des superstitions provenant de nombreux observateurs de pays variés. J’y ai réuni, par affinités de sujets, les dires et les faits qui se rapportent aux différents groupes dont se compose le clergé, de façon à montrer les idées populaires qui s'attachent à chacun d’eux. Elles diffèrent notablement suivant les catégories; pourtant on peut constater quelles ont un caractère commun, et qu’il est nettement satirique. Qu’il s’agisse des prêtres ou des moines, des religieuses ou des ermites, le folk-lore ne connaît guère que leurs défauts, réels ou supposés, leur influence, la plupart du temps néfaste ; leur pouvoir môme d’exorcistes y tient moins de place que les actes de sorcellerie, de malfaisance ou de méchanceté qu’on leur attribue.

Le « bon curé » semble inconnu à la parémiologie française; c’est en vain que j’ai cherché, aussi bien dans les recueils généraux de proverbes que dans ceux dont les matériaux proviennent des pays les plus réputés pour leur religiosité, des proverbes à la louange des gens d’église, alors que ceux qui les blasonnent s’y x’encontrent par douzaines1. '

Il en est qui s’appliquent aux diverses catégories, et qui conseillent la méfiance. D’après un distique du XVIe siècle :

1. Une enquête spéciale confirme cette conclusion : aucun de mes correspondants ne se souvenait d’un seul proverbe qui ne fût pas satirique. Quoique la même carence existe pour la noblesse (qui n’a jamais été populaire), elle est moins surprenante que celle qui concerne le clergé séculier ; les prêtres de campagne qui sont aimés de leurs paroissiens, et qui le méritent, ne sont pas rares. On entend, tout au moins en Bretagne, des paysans dire : J’ons un bon p’tit prêt’ qui n’est point trop long à dire sa messe, ou : J’ons un recteur ben aimable, o (avec) le monde.

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