‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 259 sur 503 · E. Ducom. Nouvelles gasconnes, p · texte numérisé non relu

E. Ducom. Nouvelles gasconnes, p

4. Paul Sébillot. Contes de prêtres et de moines. Palerme, 1893 ; Contes de la Haute-Bretagne, t. I, p. 116 ; Léon Pineau. Le F.-L. du Poitou, p. 43, 73 ; Contes, p. 213, 219, 69. Coundes biarnès, p, 137. Cf. aussi les Kouri dota, t. Il, p. 33 (Haute- Bretagne) 35 (Anjou) 162 (Picardie).

5. Ch. Beauquier. Chansons pop. de la Franche-Comté, p. 239; Julien Tiersot. Chansons pop. clés Alpes françaises, p. 189 ; E. Rolland. Chansons pop., t. I, p. 164.

LES GENS D'ÉGLISE

Du «ôté d’Eguzon (Indre), on les appelle trifontcls et dans quelques cantons du Cher, putains ‘. Au X VIe siècle, quand il était question de ces chambrières, on se servait de la formule : en parlant par révérence, et on les nommait chevaux du diable2. Au moyen âge elles devenaient, après leur mort, ses montures (cf. t. III, p. 149-150). De nos jours les femmes qui ont eu des relations charnelles avec des prêtres subissent, même de leur vivant, des pénitences particulières (cf. t. 11, p. 422).

Il est rare que l'on attribue au clergé séculier les actes de violence à l’égard des femmes, dont on accuse si souvent les moines. Cependant on raconte en Basse-Normandie qu’une jeune tille vertueuse réussit à s'échapper d’une chambre où un prêtre luxurieux l’avait séquestrée, en suivant un souterrain qui aboutissait à la mer ; c’est elle que dans le pays on a canonisée sous le nom de sainte Colombe 3.

Le préjugé qui impute à la seule présence des prêtres une sorte d'influence néfaste est sans doute antérieur au XIIIe siècle, où un prédicateur s’élève contre les gens qui se signaient à la vue d’un prêtre, considérant que la rencontre était de mauvais augure 4 ; au XVII0 siècle, il devait arriver malheur à celui qui en rencontrait un sur sa route 5. Cette superstition, que je n’ai pas relevée en Haute-Bretagne, est courante dans les Vosges, et en d’autres pays de France, et elle n'existe pas seulement dans le peuple. On peut se préserver en touchant immédiatement un objet en fer ; en Wallonie la conjuration n’est efficace que si on a l’a faite avant de perdre de vue la soutane noire*. Bien des gens croient qu'il est funeste de rencontrer un prêtre à n’importe quel moment de la journée ; suivant d’autres, le danger n'existe que s'il se trouve à la gauche de celui qui le croise. En Saintonge, voir trois prêtres à la fois est un mauvais présage7. Au XVIIe

1 Laisnel de la Salle. Croy. du Centre , t. 11, ]>. 135.

2. Henri Estieune. Apologie pour Hérodote , I,ch. XXI ; Béroalde de Verville. Le Moyen de parvenir , p. 349; cf. sur le mépris dont elles étaient l’objet (t 111, p. 38). L’évoque déleudit au curé de Brou d'avoir chambrières qu'elles n’eussent cinquante anspourle moins :1e curé en prit une de vingt et l’autre de trente. (B. des Periers. Contes et joyeux devis, p. 170), cf. un conte de la Haute-Bretagne (Kpu~râ5ta, t. Il,

En Béarn, les servantes des prêtres ont une réputation d’égoïsme et de dureté ; (Coundes biornès, p. 54, note) ; en Forez et eu Nivernais, l’une d’elles qui a dédaigné un pauvre est punie de mort. (V. Smith. Vieilles chansons du Forez et du Velay. Paris, 1873, in-8, p. 5 ; Achille Millien. Chants pop., t. 1, p. 73). Des servantes de prêtres, de porc de meunier que le bon Dieu nous préserve, est la traduction d’un dicton du Bas-Valais. (Gilliéron. Patois de Vionnaz. , 1880, in-8).,

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