Henri Estienne. Apologie pour Hérodote, 1. I, ch
3 Dans un conte de Basse-Bretagne, où se retrouvent plusieurs incidents du Fin
l !p!nMS- UD abbe qU1 JOue Ie role deduPe ordinairement attribué aux seigneurs. Le Petit Moine pauvre, mais ruse, trompe plusieurs fois le Grand Moine rouge riche, mais de peu d esprit, qui habite avec lui le monastère de Bégard ; et finale-
n 4 6 4 8>reo PlT rr6 nbbé Luze'- Co'^ Basse-Bretagne, t. III,
p. 4 6-438) . Ou chantait au Quartier-Latin vers 1865, une sorte de parodie assez
salée du Kyrie eleison, que je n’ai pas vue imprimée ; elle était censée^tre chantée
Ph-iiîa il30meSi qU1 etabll?saient un Parallèle entre le sort des abbés, et celui des < tnplaillons de gueux de religieux »>, cf. aussi plus loin, les contes où des moines triomphent par leur esprit des nobles qui leur veulent du mal.
LES GENS D'ÉGLISE
s'inspire souvent des idées populaires. Les fabliaux du moyen âge, les contes et devis de la Renaissance dans lesquels les moines jouent un rôle important, parlent sans doute de leurs défauts, de leur cupidité, de leurs mœurs relâchées et surtout de leurs aventures scandaleuses ; mais il n'est pas rare d’y rencontrer, à côté de la satire parfois très violente, des traits qui montrent l’indulgence et même l’affection que les contemporains avaient pour ces confrères de Jean des Entomeures et de Gorentlot. Maintenant encore leur popularité et la place quils occupaient dans la vie de nos ancêtres est attestée par des chansons, des formulettes et des jeux traditionnels. En ce qui concerne les chansons, — et nombreuses sont celles où ils figurent ; — plusieurs qui se chantent encore, sont aimables pour les moines. Il en est qui aident les jeunes filles à traire les vaches et sont parfois victimes de leur inexpérience1. D'autres, fatigués ou mouillés, reçoivent une gracieuse hospitalité, ou s'étant égarés ou blessés sont bien soignés par des femmes compatissantes 2 3 4 5.
Des marionnettes, faciles à constituer, représentent des moines; quelques-unes sont basées sur une ressemblance entre eux et des plantes qui portent des noms conformes à cet aspect (cf. t. III, p. 5-4).
Les enfants du Quercy en faisant lever et abaisser le capuchon d’une sorte de capucin fait avec une cosse verte de fève, chantent :
Père capuciu, confessez ma femme Père capuciu, confessez-Ia bien :i.
Un jeu répandu en Haute-Bretagne, dans le Finistère et dans le Morbihan, consiste à arranger deux coins de mouchoir sur les doigts de façon à figurer frère François et sœur Jacqueline; pendant que celle-ci se confesse, on les fait mouvoir tour à tour ; la savnette, dialoguée assez plaisamment, se termine par la pénitence imposée à la sœur et qui consiste à embrasser trois fois frère François U
Des chansonnettes se rapportent à des actes de la vie monacale. En Ille-et-Vilaine trois moines qui font la procession sous leur cloître chantent :
Premier moine. Nous sommes trois moiues Qui faisons pénitence.
Deuxième moine. Pour avoir mangé des fèves Le merci edi vies Cendres.
Troisième moine. Hélas ! elles étaient cuites avec du lard Mes gars".
1. Ch. Beauquicr. Chansons populaires de la Franche- Comté, p. 307; A. Orain. Glossaire de l'Ille-el-Vilaine, p. 160; J. Bujeaud. Chants pop. de l'Ouest, t. 11, p. 219.
1 2. e‘. Rolland. Chansons pop. t. I, p. 133 et suiv. ; P. Fagot. Le Folk-Loredu Lauraguais, p. 241.