‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 274 sur 503 · RICHESSE ET AVARICE DES MOINES · texte numérisé non relu

RICHESSE ET AVARICE DES MOINES

les mets et autres choses délectables qui font partie « d’là foi, d’là loi » du couvent *.

Des dictons constatent la richesse, parfois très réelle, de certaines communautés ; tels sont ceux de Normandie :

De tout côté l'abbaye de Fécamp a rente.

De quelque part que le veut vente L’abbaye du Bec a rente'".

Le même dicton s'attachait à celle de Corbie dans la Somme1 2 3 ; l’on disait dans les Côtes-du-Nord :

De tout côté que le vent ventait Bosquen reniait.

Et en Touraine :

De quelque côté que vient le vent Marmoutier argent content (comptant) 4.

Plusieurs proverbes parlent de l’avidité des moines :

Beizen manac'h a zo tenna Digant ann holl heb rei netra.

Règle de moine est de tirer — De toutes gens sans rien donner.

Ço qu'un mouine dèu ôussei'va Es de tout prendre e r'en douna5.

Au XIIIe siècle le Dit de l'Apostoile parlait de la convoitise des moines blancs, et Crapelet, dans son commentaire, ajoutait que cette expression caractérisait l’esprit de ces ordres monastiques qui, moins anciens que les moines noirs, faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour acquérir des richesses6. Suivant un dicton de l’Albret: Avant d’entrer ait couvent, il faut graisser le marteau (faire une aumône)7.

Quelques récits représentent les moines comme peu scrupuleux à l'égard du bien d’autrui ; un paysan qui a acheté à la foire un beau cochon va demander l’hospitalité à un couvent de capucins ; pendant la nuit ceux-ci lui substituent un vieil âne dont il est forcé de se contenter ; mais peu après, le bonhomme se déguise, d’abord en fille, puis en médecin, bat le supérieur, et lui extorque de l’argent. Les moines de Saint-Jacut volent l’âne d’un meunier ; un des frères se montre à lui, la corde au cou, et fait accroire au maître du baudet que, pour ses

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