‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 288 sur 503 · LES GALANTERIES DES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LES GALANTERIES DES RELIGIEUSES

et treize berceaux ». La conduite irrégulière des religieuses de Larrey les fit appeler vouivres (sorte de serpent fabuleux) *.

Suivant une tradition ancienne qui est venue s’attacher à des couvents bâtis de nos jours lorsqu’ils sont voisins et habités par des religieux de sexes dilïérentSj ils sont reliés par des souterrains. On prétend que celui de Baurae-les-Messieurs communiquait ainsi avec celui de Château-Chalon Il en était de même de deux abbayes du Limousin, distantes de deux kilomètres, sur lesquelles courait ce blason: Quu al nova en Couyroux at gendre Obasine, qui a bru à Coiroux a gendre à Obasine 3.

Orry va prendre quatorze chevaliers Et tous en nonne3 Orry les fait habiller,

Puis à nuit close, à la porte ils vont heurter *.

Dit une ballade bien connue, publiée au XVIIIe siècle, dont les principaux traits se trouvent dans une légende] ardennaise. Le seigneur de Montcornet alla une nuit, déguisé ainsi que ceux qui l’accompagnaient, demander l’hospitalité aux religieuses des Mazures : « Il n’y a pas assez de lits, dit la supérieure. — Hé bien ! et les lits des nonnes ? nous nous en accommoderons fort bien, et vous voudrez bien, madame, m’offrir la moitié du vôtre. — Mais que diront les nonnes? — Elles diront que chaque nonne avait son nonnain. » L’abbaye aurait été supprimée à la suite du scandale u. On raconte â Noirmou tiers qu’un seigneur débauché se déguisa en religieuse et se présenta à un monastère de femmes pour passer la nuit. Comme il n’y avait pas de lit vacant, la supérieure le lit coucher avec l’une des sœurs 6.

Les religieuses qui rompaient leur vœu étaient, de même que leurs

1. Leroux de Lincy. Le Livre des Proverbes, t. 1, p. 1 ; Fourtier Dictons dp <?*,ne-et-Marne, p. 74 ; Mme L. Figuier. Nouvelles languedociennes, 1860, in-18 p. 20 • Ducourneau et Montel. La Bourgogne, p 108 ’ *** *

Les conteurs du XVc et du XVfc siècle parlent souvent, comme de choses connues et liequentes, de ces relations entre religieux et religieuses : Au gentil pavs de ilraibant, près d un monastère de blancs moynes, est situé ung aultre monaMere de nonnains Ces deux maisons, comme on dit, estoient voisines, la grande et les bateurs, car Dieu mercy, la charité de la maison aux nonnains estait si tîes grande que peu de gens estoient escondis de l’amoureuse distribution. {Les Cent nouvelles nouvelles XV). Ce n est pas chose estrange ne peu acoustumée que les moynes han lent et fréquentent voulontiers les nonnains [Nouvelle, XLVI, cf. aussi ^Nouvelle îe la grange Pour Hérodote, 1. 1, ch. 20, rapporte aussi le dicton

Lh. Beauquier. Blason populaire de la Franche-Comté, p. 279.

». J. Champeval. Proverbes bas-limousins, p. 40.

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