‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 326 sur 503 · Paul Sébillot. Petite légende dorée , p · texte numérisé non relu

Paul Sébillot. Petite légende dorée , p

3. Chateaubriand. Mémoires d' O titre -tombe, t. I, p. 252-253.

4. Poignant! . Antiquités historiques et monumentales. Ileunes, 1820, in-8", p. t.Y.

5. vAmpère). Instructions relatives aur poésies populaires , p. 18. Paul Sébillot. Traditions de la Haute Bretagne, t. Il, p. 159 ; Lucien Deooinbe. Chansons d'Ille-

LA NOBLESSE ET LE TIERS-ÉTAT

que sainte Solange, la belle pastoure, se laissa trancher la tête plutôt que de s’y soumettre1. On disait en Normandie d’un personnage important qu’il avait le droit de jambage comme un seigneur du Mesnil Goudouin2. Le même dicton circule en Picardie sur les seigneurs de Drucat. Aux environs de Bécherel (Ille-et-Vilaine) on parlait encore au milieu du siècle dernier de cette redevance ; dans le pays de Dol une fille avisée trouva moyen de s’y soustraire : lorsque le baron vint le soir du mariage pour réclamer son privilège, elle le fit attendre, puis s’étant barbouillé la figure et atfublée de guenilles, elle se présenta en disant d’une voix rauque : « Mon doux maître, me voici ! ». Le baron s’en alla en riant et en lui disant qu'il la tenait quitte 3.

En Savoie, une baronne de Lucinge, dame de Châtelard, s'avisa de rétablir dans son domaine et à son profit, les droits attribués jadis au seigneur seulement, et qui depuis longtemps étaient tombés eu désuétude. Un vassal ayant décliné l’honneur qu’elle voulait lui faire, elle l’emprisonna dans une geôle où il resta jusqu’à ce qu’il se fût amendé1.

La légende de la grande dame qui, après une nuit d'amour, fait mettre à mort ses amants, n'est pas exclusivement parisienne ; mais grâce aux poètes et aux dramaturges, la plus connue des Messalines du moyen-âge est

la reine

Qui commanda que Buridan Fut jeté en un sac en Seine B.

Soixante ans après Villon, qui faisait allusion dans ces vers â une tradition restée populaire dans l’Université, Brantôme constatait que les gestes de Marguerite de Bourgogne étaient encore bien connus. Cette princesse se tenait à l’hôtel de Nesle, laquelle faisoit le guet aux passants, et ceux qui lui revenoient et agréoient le plus, de quelque sorte de gens que ce fussent, les faisoit appeler et venir à soi, et après avoir tiré ce qu’elle vouloit, les faisoit précipiter du haut de la tour qui paroit encore au bas de l’eau et les faisoit noyer. Je ne veux pas dire que cela soit vrai ; mais le vulgaire, au moins la plupart de Paris, l’affirme et il n’y arien de si commun qu’en lui montrant la tour seulement, et en l’interrogeant, de lui-mème ne le die G.

èt-Vilaine, p. 364 etsuiv. cf. Jouon des Lougrais. Jacques Doremet. Hernies, 1894, iu-18, ouvrage qui contieut une réimpression de la Canne de Montfort du IL Barleuf, précédée d’une intéressante introduction.

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