‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 332 sur 503 · Elvire de Certiy, în Journal d'Avranches , nov · texte numérisé non relu

Elvire de Certiy, în Journal d'Avranches , nov

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LA NOBLESSE ET LE TIERS-ÉTAT

souriant. La cause était gagnée et le baron ne fut pas tenté de lui faire subir la peine du talion La même présence d’esprit est, en d’autres pays, attribuée à des moines (cf. p. 272). La méchante duchesse de Bouille lit venir à son château un braconnier que ses gardes n'avaieut jamais pu prendre en faute et lui ordonna de passer à la cuisine et de lui préparer un lapin. « S’il sait assaisonner ce plat, se disait-elle, c’est qu’il tue parfois mon gibier». Mais le braconnier, fin comme tous les Manceaux, se douta de la chose, et il plaça dans une terrine le lapin en son entier, avec la peau et les intestins, et il le fit cuire de la sorte. La dame croyant à la naïveté de cet homme ne l’inquiéta plus. En Basse-Normandie un braconnier se tire de la môme façon de l’épreuve à laquelle l’a soumis le seigneur de Maisoncelles -.

J'ai donné aux chapitres de l’Air et à celui des Forêts plusieurs légendes où figurent des châtelains contraints à prendre part, en expiation de leurs méfaits, à des chasses fantastiques ; dans celle qui suit un seigneur est averti par un de ses ancêtres que s’il continue sa méchante vie, il sera puni comme lui r Un sire de Silley foulait sans pitié dans ses grandes chasses les vignes et les prés, et il tua même un cerf réfugié dans un oratoire ; une nuit qu il était égaré, il s endort, et est réveillé par une chasse infernale, conduite par un veneur a cheval. Au moment de la’curée, celui-ci s’avance vers lui, et lui dit qu’il est son grand’père, condamné à une chasse éternelle pour avoir persécuté hôtes et gens et fait mourir des villageois surpris en délit de braconnage * .

La légende de la dame qui accouche de sept ou neuf enfants est connue en bien des pays en dehors de h rance; ordinairement cette fécondité anormale est infligée à des châtelaines orgueilleuses qui se sont moquées de femmes du peuple à cause de leur nombreuse famille. Pendant que son mari était à la guerre, la châtelaine de Montigny-le- Gannelon rencontra un soir une mendiante accompagnée de sept petits enfants qui semblaient tous du même âge. La pauvre femme lui demanda l’aumône ; mais la dame lui dit avec dureté : « Une chienne ne porte pas plus de petits que vous d enfants ». A ces mots, la mendiante, qui était une sorcière, lui répondit: « Vous riez de moi, madame, mais pour votre punition, vous aurez en une seule couche autant d'enfants qu'une truie a de petits ». Après ces paroles, elle disparut, et la châtelaine se retira en riant. Mais quelque temps après, elle mit au monde neuf enfants le même jour. Elle ordonna de rechercher la sorcière, et de jeter finit de ces entants dans le Loir. La

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