W. Zuidema, in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p
3. E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. I, p. 108, 223, t. II, p. 124; Paul Sébillot. LUI. orale, p. 124, 128 ; F.-M. Luzel. Veillées bretonnes , p. 233 ; Contes, t. 1, p. 215; IC Carnoy. Contes français, p. 272 (Picardie) ; J. -F. Cerquaud. Lég. du pays Basque , t. Il, p. 15.
6. E. Cosquin, 1. c. t. II, p. 270; Paul Sébillot. Contes, t. I, p. 210 ; LUI. orale, p. 168; F.-M. Luzel. Con tes bretons, Quimperlé, 1870, in 8, p. 84; Jeau Fleury. LUI. orale delà Basse-Normandie, p. 169.
LA NOBLESSE ET LE TIERS-ÉTAT
la respiration était coupée, restèrent naturellement muettes. « Vous voyez, dit le seigneur : qui ne dit rien consent, donc le contrat doit tenir». Les manants s’en allèrent. L’année suivante, ils vinrent exposer au seigneur qu’ils n’apportaient pas les auques, car ils n’avaient pu s’en procurer. « C’est quelque mensonge », pensa le gentilhomme, et il monta au village. Voilà qu'en passant devant les maisons, il éleva la voix et se mit à crier : « Jean, Jean » comme s’il appelait son domestique. Les deux oies, qu’on avait enfermées dans le four banal, entendant une rumeur, crièrent à leur tour, et le châtelain, riant aux éclats les fit prendre et emporter *.
Les nobles, qui figurent dans un grand nombre de sections de cet ouvrage, y ont presque toujours un assez vilain rôle, et les légendes qui les représentent sous un jour favorable sont à ce point rares, que j’ai essayé par des enquêtes personnelles, par des questions adressées à mes correspondants, de savoir si vraiment la contre-partie se bornait aux exceptions déjà connues. Rien n’est venu modifier les conclusions qui résultent des documents d’origine populaire publiés par divers auteurs, et qui montrent que la tradition ne s’occupa guère des seigneurs que pour en médire. En ce qui concerne les hommes, peu de traits sont en leur faveur : quelques chevaliers délivrent le pays des monstres qui le ravageaient (cf. t. I. p. 468, 469) ; lorsque le seigneur de Molley fut fait prisonnier par les Danois, les habitants du voisinage se cotisèrent pour payer sa rançon qui était énorme ; sa femme pour les récompenser leur donna des bois, des landes et des marais afin d'en jouir en commun, et c’est vraisemblablement cette circonstance qui en a conservé le souvenir 1 2. Un récit de l’ile de Corse parle d’un seigneur si charitable qu’il se ruine en distribuant tout son bien aux pauvres ; quand il n’a plus rien, il se met à la recherche de la Providence, et finit après un long voyage par rencontrer le cousin de Jésus-Christ, qui lui donne un sac rempli de diamants avec lequel il continue ses bonnes œuvres 3 4.
Les châtelaines sont mieux traitées ; si les légendes leur attribuent de nombreux méfaits, elles parlent aussi de la charité de quelques-unes. Naguère les paysans de Pleudihen (Côtes-du-Nord) disaient que Tiphaine Raguenel, la première femme de Du Guesclin, parcourait encore le soir les environs de son château, cherchant des veuves et des orphelins à soulager (cf. t. IV, p. 208). Lorsque la vertueuse Eléonore de Baffie rendit le dernier soupir, une colombe blanche partit de la tour où elle demeurait et s’envola pour ne plus revenir U Dans les