Abbé Grivel. Chroniques du Livradois, p
LES BONNES CHATELAINES
versions assez nombreuses du miracle des roses (1. III, p. 440-441) ce sont des filles ou des femmes de seigneurs avares qui portent à manger en cachette à des pauvres ou à des ouvriers qu’on nourrissait mal. Les gens de Sainte-Anne sur Vilaine parient encore de la bonne dame de Port-de-Roche, morte en 1758. Lors d'une année de disette où elle avait distribué le blé que contenaient ses greniers, ses serviteurs l'avertirent un jour qu’ils étaient épuisés ; elle leur ordonna d’aller voir s’il ne restait pas quelque tas de blé, et elle se mit en prière. Quand ils lui eurent obéi, ils virent un grand monceau de froment au milieu du grenier, et bien qu’on fût èn hiver, il y avait sur le tas une -guirlande de roses fraîches1 2.
Quoique certains serviteurs aient été aussi durs que leurs maîtres, et qu'ils aient parfois trempé dans les crimes qu'on leur attribue, ils n’ont guère laissé de trace dans la légende. Cependant aux environs de Nantes on disait naguère que les empocheurs de Gilles de Rais étaient devenus des loups-garous; en Auvergne, on menaçait les enfants indociles de les mener au Roux ; c’était le surnom donné à un intendant du château de Baffie connu pour sa méchanceté. En Franche- Comté un autre intendant est, sous l’apparence d’un cavalier fantastique dont le visage est ensanglanté, condamné à errer pour avoir été dur envers le pauvre monde -.