‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 353 sur 503 · E. Rolland. Faune pop., t. VI, p · texte numérisé non relu

E. Rolland. Faune pop., t. VI, p

4. Le Voyageur curieux par le sieur Le B. Paris, 1664, in-4°, p. p. 299-300.

LES GUERRES

leurs chaperons que la montagne où avait été la forteresse prit le nom de Rosemont ou Montagne des Roses '.

Des récits, populaires en nombre de pays, racontent que des assiégés, sur le point d’être réduits par la famine, réussissent à persuadera leurs ennemis qu'ils sont encore abondamment pourvus de vivres. Lorsque Canne, le méchant seigneur de la Lande Patry, vit qu'il ne lui restait qu’un boisseau de blé, il le lit manger par sa dernière vache ; puis on la tua et ses intestins furent jetés par dessus les remparts. Les assiégeants, désespérant de réduire par la faim la place qui était très forte, se dispersèrent 2. En Alsace, la même ruse est attribuée à un châtelain de Girbaden ; et en Normandie au sire deThuitqui faisait lancer tous les jours des pains et des quartiers de bœuf dans les fossés du château 3. La ville de Grammont (Belgique) était assiégée depuis longtemps et on avait épuisé les vivres, lorsqu’un habitant proposa de faire jeter par dessus les murs une certaine quantité de gâteaux nommés martels, en prononçant des prières. On suivit ce conseil, et le siège fut levé. Tous les ans, depuis cet'e époque, au Carnaval, les autorités de la ville se rendent près de l’étang sur la montagne, et jettent une grande quantité de ces gâteaux et de harengs, aux paysans qui viennent pour cette cérémonie de dix lieues à la ronde \

D'autres stratagèmes sont employés par les assiégés : Canne déjoua longtemps tous les efforts faits pour le prendre. Tantôt en faisant ferrer son cheval à rebours il mettait sur une fausse piste les cavaliers qui le poursuivaient, tantôt pressé de trop près dans son château, il échappait à ses ennemis par des souterrains qui donnaient au loin dans la campagne et conduisaient jusqu'à Domfront même ; puis c’est dans le ventre d’un cheval abattu qu’il se cachait, après avoir ordonné qu’on Je traînât dehors au delà des lignes des assiégeants 3. Fin Poitou Jean d’Estissac, sur le point d’être pris dans un château par les troupes royales, fit éventrer un vieux cheval, se cacha dedans et le fit mettre sur une charrette

Au moyen âge, et jusque vers le milieu du XVIIe siècle, les assiégés pour braver leurs ennemis se livraient à des actes de forfanterie facétieuse dont un assez grand nombre sont parvenus jusqu'à nous. L'Intermédiaire des Chercheurs a ouvert sur ce sujet une enquête qui lui a valu des réponses intéressantes, presque toutes relevées dans la région du Nord. Lorsque Philippe le Bon, duc de Bourgogne, vint assiéger Dinant, les habitants disposèrent au plus haut de leurs murailles, un

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