LES SAINTS QUI SECOURENT LES ASSIÉGÉS
mannequin représentant une femme tournant un rouet, avec celte inscription :
Quand cette femme filera Philippe cette ville aura.
Un boulet de canon fit... filer le mannequin et Philippe eut la ville, qu'il réduisit en cendres '. Quand Henri III et le maréchal de Bellegarde mirent le siège devant Livron, ses défenseurs plaçaient sur le haut des remparts, de vieilles fileuses qui, par paroles ou par gestes, et plus encore par le contraste de leurs pacifiques travaux, insultaient aux vains efforts de l'armée royale1 2. En 1667, les Espagnols assiégés dans Lille par les Français avaient dressé, devant l’hôtel de ville, un cheval de bois, avec une botte de foin, et une inscription en mauvais vers déclarant fièrement que le cheval mangerait du foin avant que la ville ne fût prise3.
Les divinités chrétiennes, surtout celles qui sont les protectrices particulières des villes ou y ont leur sanctuaire, interviennent en leur faveur d'une façon miraculeuse : En 1556, l’amiral de Coligny, gouverneur de Picardie, pensa surprendre Douai, dont il croyait les habitants endormis à la suite des fêles des Rois; mais saint Mauronte, patron de la ville, alla réveiller le marguillier chargé de sonner les matines à l’église de Saint-Aimé ; pressé par le saint, il se leva, mais au lieu de sonner les matines, il sonna le tocsin; toute la bourgeoisie se mit alors sous les armes, et vola aux remparts, ayant à sa tète saint Mauronte en habit monacal tout parsemé de Heurs de lys d or4 5 6. Lors du siège d Orléans, l'évêque saint Aignan estant sur les murailles cracha vers les ennemis, et à l’instant il pleut si abondamment que de quatre jours nul ne peut sortir du champ pour batailler a . Un autre jour il prit une poignée de sable de la Loire et la jeta en l’air où chaque grain se changea en frelons ; leur troupe tourmenta à tel point les ennemis qu’ils furent obligés de lever le siège0. Ce n est pas la seule circonstance où des insectes ailés sont les auxiliaires des bienheureux. Une armée conduite par le roi Charles ayant campé près du monastère de saint Cenery, des régiments d'abeilles se précipitèrent sur les lourds bataillons des Francs et les firent se jeter en désordre du haut de la