‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 358 sur 503 · R.-M. Lacuve, in Rev. des Trad. pop., t. XY, p · texte numérisé non relu

R.-M. Lacuve, in Rev. des Trad. pop., t. XY, p

6. P. Bézier. Mégalithes de T Ille-et-Vilaine, Suppl, p. 104; Guillotin de Gorson. Trad. historiques de la Haute-Bretagne, p. 61.

LES GUERRES

déterminé ; mais elle s'y attarda, l’artillerie de César se mit à battre les murailles, et son premier coup de canon la coupa en deux Suivant une légende , le traître éprouve au moment de commettre son forfait, un scrupule qui profite aux assiégés ; au château de Lohière en Louthel (Ille-et-Vilaine), réputé imprenable, l'ennemi avait gagné 1 un des gardes et mi avait fait promettre de placer une lanterne sur le faite delà plus haute tour ; le jour indiqué, le garde, pris de remords, alluma la lanterne, mais au lieu de la mettre à la place indiquée, il la hissa au haut d'un alisier qui reçut tous les coups. Quand le flambeau fut éteint, les agresseurs se croyant déjà maitres du château, se disposaient à y entrer, lorsque tout-à-coup les assiégés les attaquèrent par derrière et les jetèrent dans les étangs -. Lamballe a été assiégée nombre de fois ; mais non par les Anglais, ainsi que le veulent plusieurs légendes. Les Anglais débarquèrent sur la côte de Bretagne, et s’avancèrent vers ce clocher qu ils apercevaient depuis si longtemps, (car autrefois on voyait d’Angleterre les tours de Notre-Dame de Lamballe). Un traître leur indiqua un souterrain qui débouchait au milieu de la ville. Ils profitèrent de 1 avis, se saisirent du maire et lui dirent que s il ne leur donnait les clets des portes, ils le tueraient et mettraient tout a feu et a sang. Il demanda à réfléchir et leur dit qu’à midi il rendrait réponse. Il alla par la ville et souleva les habitants, tout en feignant de livrer les portes ; les Lamballais se précipitèrent sur les Anglais qui avaient mis leurs armes en faisceaux et en massacrèrent un grand nombre 3.

Un almanach local de 1780 expliquait ainsi le sobriquet des Chats de Meaux, donné aux habitants de celte ville; lorsqu’elle était assiégée par les Normands et réduite à la lamine, un jeune homme mangea son chat favori, puis, mettant sur sa tète la peau de l’animal, il traverse la nuit, la rivière à la nage, égorge la sentinelle, et arrive sans bruit jusqu a la tente où les chefs normands étaient assemblés ; il passe, la tête couverte de la peau du chat, sous la toile de la tente, et apprend tous les détails d une attaque projetée pour le lendemain, ce qui permit aux Meldois de repousser l'ennemi et de lui faire lever le siège 4.

Plusieurs légendes rappellent ce trait de l'histoire biblique, où les murs des forteresses s'écroulent, sans l’intervention d’aucun procédé balistique. Un géographe du XVIIe siècle nous a conservé deux de ces miracles: Le roy Robert ayant mis le siège devant Melun, les murailles tombèrent d elles-mesmes par la force de ses prières comme celles de

1. L. de Villers, in Revue des Trad. pop., t. XII, p. 361 ; E. Ilerpin, ibid , t.

XIX, p. 34-35. 1 2

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