‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 359 sur 503 · LA PRISE DES FORTERESSES · texte numérisé non relu

LA PRISE DES FORTERESSES

Hiericho furent renversées par le bruit des trompettes. Nos vieux historiens rapportent de la ville et du chasteau d'Aualou que leroy Robert bayant assiégée sans pouvoir la forcer, il se mit à chanter un hymne à Dieu dans sa tente et à sa voix, les murailles tombèrent par terre qui auoient fait trois mois de résistance aux efforts de ses machines On racontait à la lin du XVIIIe siècle que saint Louis s’étant présenté devant le château de Vouvant que Mélusine venait d’achever par magie, til signe à. son armée de s’arrêter, et suivi d’un seul moine avec son bénitier, il saisit le goupillon, et lança de l’eau bénite sur la tour qui s’écoula incontinent2. D’après une variante plus moderne, la fille du seigneur de Chaizais ayant été enlevée par un méchant borgne, fils d'une sorcière et favori du sire de Fontenay, le roi vint mettre le siège devant le château de celui-ci; mais sa garnison s’était enfuie par un souterrain et était allée se réfugier dans la forêt de Vouvant, derrière les murs inaccessibles du château de la sorcière. Le roi voyant qu’il ne pourrait l’emporter par la force fit venir un vieux prêtre de Fontenay, qui passait pour avoir le don des miracles. Le prêtre arrivé devant le château, passa une étole, et après une fervente prière, prit quelques gouttes d’eau bénite, traça dans l’air un signe de croix, et prononça à liante voix la formule des exorcismes. Aussilùl les murailles s'écroulèrent avec fracas ; la « douze de Fontenay» ainsi que la nomme la légende, sortit du milieu des ruines sans avoir éprouvé aucun mal3.

Quelques récits parlent d'épisodes qui accompagnent ou suivent la prise des forteresses. Lorsque les défenseurs du château de Pirou virent que les Normands allaient s’en emparer, une magicienne leur offrit de les changer en oies ; ils acceptèrent, il leur poussa les ailes et les voilà partis l. Des femmes se donnent volontairement la mort pour ne pas tomber vivantes au pouvoir des vainqueurs : le château de Maison- Comte, â Corancy dans le Morvan, ayant été pris, les châtelaines couraient échevelées par les cours en poussant des cris et répétant :

Adieu N'Oussière et biau Vernet,

Adieu, la ville deSantenav.

Et elles se jetèrent dans les puits3. Au moment où les assaillants entraient par une brèche dans le château de Bray, la fille du châtelain monta sur la plus haute tour, et s'élançant dans le vide vint tomber aux pieds Àes chevaux de ses prétendants. La dame de Beaujeu, voyant sa forteresse emportée se précipita aussi du haut de son donjon 6.

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