‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 362 sur 503 · Gaston Paris, in Romania, t. I, p* S · texte numérisé non relu

Gaston Paris, in Romania, t. I, p* S

l’histoire DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE

Le mol Wallonie, qui désigne l’ensemble de la Belgique de langue française, ne se trouve pas dans le Dictionnaire de Littré. 11 est certainement moderne : en 1858, Adolphe Borgnet, professeur à l'Université de Liège, l’écrivait en italiques, ce qui montre qu'il le considérait comme un néologisme

Le terme Gaulois, employé au XVIe siècle dans les villes avec le sens de gai qu'il conserve aujourd’hui, n'a probablement pas grand'chose à voir avec nos lointains aïeux. Il est vraisemblable que, pris dans ce sens, il était venu de Galois, qui au XVe siècle, et au commencement du suivant, désignait des galants ou des gens enclins au plaisir. Un chapitre du Livre du Chevalier de La Tour Landri/ a pour titre : Des Galoys et des Galoises. Un dicton du XVIe siècle :à la vieille gauloise, c'est-à-dire à la vieille mode, s’y rattache peut être davantage, de môme que l'expression : C'est un bon Gaulois, un vieux Gaulois, qui au XVIIe et au XVIIIe siècles signifiait un homme à la conduite sincère, franche et droite 1 2 ; mais ce n'est pas à la campagne qu'il était en usage.

J’ai noté précédemment quelques dires qui semblent viser une époque antérieure à la Gaule historique ; tels sont la cuisine faite dans des cupules au temps où lesgens du pays étaient encore sauvages, (t. I, p. 37), le blé ou le bois coupés au moyen de pierres aiguisées (t. IV, p. 69); quant à la mention de sacrifices de fils de familles fait par les Gaôlois (t. IV, p. 84), elle est plus que suspecte de modernité, en dépit de la forme patoisée du nom de nos ancêtres, la seule au reste qui, à ma connaissance, ait été relevée. Aucune route, aucun camp, aucun monument ne porte, antérieurement au premier quart du siècle dernier, le nom de ce peuple ou d’un personnage appartenant à son histoire ; le Terrier de Brennus, qui désignerait une motte à Corignac 3, a sans doute été ainsi baptisé par quelque archéologue fantaisiste. Les Gaulois figurent dans des épisodes de la conquête romaine (cf. t. IV p. 310 et 32) qui sont aussi d’une ancienneté problématique.

Les druides tiennent peu de place dans le folk-lore, même si on y admet les traits, d'une popularité souvent contestable, auxquels on rattache leur nom. Celui-ci dut peu à peu tomber en désuétude dans les siècles qui suivirent la décadence de leur rôle sacerdotal et politique,

1. La première mention connue du mot wallon appliqué à la langue est celle donnée, d'après un chroniqueur du XII" siècle, par Gobert : les Unes de Liège, t. IV, p. 250 : l’abbé Rodulphe de Saint-Troud écrit à propos d’un de ses prédécesseurs de l'an 999 : Adelardus.. . nalivam linguam non habuil leutonicam , sed quam corrupte nominant romanam , leulonica wallonicam. (Connu, de M. O. Colson, directeur de Wallonia).

Au XVIe siècle, Pasquier écrivait : Aux pais bas, ils se diseut parler le Vvalon et que nous parlons le Roman ( Les Recherches de la France , 1. VII, c. 1).

2. Glossaire de l'ancien théâtre français ; Leroux de Lincy. Le Livre des proverbes français ; Leroux. Dict. comique.

3. G. J Musset. La Charente Inférieure ùvan II' histoire, p. 142.

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