LE ROI DAGOBERT
époque lointaine : Eta ung espérons du temps du rov Clotaire, delà vieille façon \
Si j'eusse eu la pépie,
Pieça je fusse où est Clotaire 2.
Quantz eu ont ils faict inaulcontens Depuis le temps du roi Clotaire3.
Des deux reines rivales, Frédégonde et Brunehaut, la dernière seule a survécu dans des appellations de routes ou de digues. Le peuple lui attribua, outre des constructions qu'elle avait peut-être élevées, beaucoup d’autres qui lui étaient antérieures et qu elle ne fit qu entretenir ou réparer. Des fragments de voies romaines, encore visibles dans le centre de la France, s'appellent chaussées de Brunehaut ; il y avait près de Bourges un château de Brunehaut, à Elampes, une tour de Brunehaut, près de Cahors, un fort de Brunehaut*; à Hollain (Ilainaut) la pierre de Brunehaut aurait été plantée à l’endroit où vint tomber le cheval indompté à la queue duquel on avait attaché la vieille reine .
Au XVIIIe siècle, pour marquer qu’une chose était vieille, antique et usée, on disait quelle était du temps de Dagobert0. La popularité de ce roi tient vraisemblablement à la chanson si connue où il est associé à son ministre saint Eloi, et aussi à des proverbes qui le représentent comme plein de sollicitude pour ses chiens: « Quand le roi Dagobert a\ait mangé, il faisait aussi manger ses chiens » \ Voici une variante du Poitou : «Le roi Dagobert faisait manger ses chiens avant de se mettreà table »8. On lui attribue encore une autre parole qu'il aurait prononcée sur son lit de mort, au moment de se séparer pour toujours de sa meute; en Normandie c'était: « Comme disait le roi Dagobert à ses chiens ; il n’y a si bonne compagnie qui ne se sépare » ; en Berry « Comme les chiens du roi Dagobert, il n y a si bonne compagnie qui ne se quitte ». Dans ce pays on prétend qu’il leur adressa cet adieu ironique entes faisant noyer à Saint-Cyran 9. Une légende localisée à Obernai raconte que ce prince, qui chassait dans le voisinage, fit annoncer qu il passerait par cette ville ; les notables allèrent au devant de lui, mais, comme la chaleur était accablante, ils voulurent se baigner dans la rivière : à peine y étaient-ils qu’un tourbillon de poussière annonce