‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 385 sur 503 · H. Vaschalde. Croy . et sup. du Vivarais. p · texte numérisé non relu

H. Vaschalde. Croy . et sup. du Vivarais. p

5. J. -F. Bladé. Contes de Gascogne, t. I, p. 46 et suiv. D'après une version plus ancienne, Bos seigneur de Bénac, porté sur le dos du diable arrive en trois jours

L HISTOIRE DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE

Quelquefois le mari survient sans avoir eu besoin de recourir aux puissances infernales. On racontait en Bourgogne que le sire cl’Anglure, prisonnier des Sarrasins, fut remis en liberté sur parole, à la condition qu’il enverrait sa rançon, sitôt arrivé dans son pays. Il y revient à temps pour montrer à sa femme, qui ne le reconnaît pas d'abord, la moitié de son anneau 1 . Dans la version champenoise, le seigneur qui porte aussi le nom d’Anglure, se fait reconnaître en rappelant à la châtelaine, la veille du nouveau mariage, certains signes cachés quelle a sur le corps 2. Ce trait figure aussi dans la légende du sire de Créquy, qu une version du XVIIIe siècle place a une époque bien postérieure aux Croisades, mais qui s’y rattachait vraisemblablement à l’origine. Un seigneur de Créquy, d’une grande ressemblance avec François Ier, aurait offert au roi de prendre sa place lorsqu’il eut été fait prisonnier à Pavie, et aurait été en effet à Madrid. Après une fervente invocation à N.-D. du Hamel, il fut transporté miraculeusement d'Espagne en Picardie, et se présenta à sa femme au moment où celle-ci allait se rendre à 1 église pour se remarier. Les époux se reconnurent au moyen d’un anneau sur lequel était gravé le portrait de chacun des deux conjoints ; de plus le mari révéla à sa femme certaine marque qu’elle portait sur le corps et que seul il devait connaître L Une complainte qu’on chante souvent aux veillées aux environs de Jallais, a pour héros le seigneur de la Chaperonnière, Jean Chaperon, appelé à cause de sa courte stature, le Petit Chaperon. Ayant reçu le lendemain de son mariage l’ordre d’aller combattre les Maures en Espagne, il brisa son anneau, en remit un fragment à sa femme, et partit sur un vigoureux cheval blanc et noir, nommé la Pie. Pendant sept ans on ne reçut aucune nouvelle de lui, et la châtelaine qui avait donné le jour à une fille, crut que son époux n’existait plus, et elle se décida à se remarier. Le jour du mariage, lorsque les invités se livraient à la joie, les cloches de la chapelle se mirent tout à coup à sonner d’elles-mêmes, et la fille du Petit Chaperon s’écria : « J’entends hennir la Pie démon

à son château, après avoir accepté la même condition ; il se fait reconnaître à sa femme en lui présentant une moitié d’anneau, dont elle avait l'autre part, et jette au diable un plat de noix qui se trouvait sur la table. Le démon furieux s’en alla par la cheminée, à laquelle il fit un trou énorme que l’on n’a jamais pu boucher. (J.-M.-J. Deville. Annales de la Bigorne, 1848, p. 122-123).

1. Clément-Janin. Sobriquets de la Cote d'Or, Chàtillon, p. 39-41. L’épisode de 1 anneau rompu qui sert à la reconnaissance se reucontre dans plusieurs chansons populaires qui ont pour thème le retour du mari ; cf. O de Puymaigre. Chants pop. du Pays messin , t. 1, p. 51 et les remarques, et G. Doucieux. Romancéro pop. de la brance , p. 195 et suiv. Le nom de M. de Beauvais fait penser à M. D. â}1® ce thème s est gretlé sur le souvenir de ce seigueur du Dauphiné qui se croisa réellement ,1 anneau brisé sert aussi de moyeu de reconnaissance dans un conte breton (F.-M. Luzel. Contes, t. 111, p. 243.

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