CHANSONS DES VENDÉENS
déroule de la horde de Patrix et de Jourdan Coupe-tête devant Carpentras, dont elle était venue faire le siège à cinq reprises différentes. Cette bande qui avait apporté des sacs pour mettre le butin, se montra prompte à fuir à chaque sortie des assiégés h A l’époque des guerres civiles, bleus et blancs chantèrent : les Vendéens répondirent à la Marseillaise par une chanson patoise sur le même air ; il suffira de citer les deux premiers vers du premier et du dernier couplet, pour montrer quelle est due, ainsi que le fait observer Bujeaud, à un prêtre réfractaire :
Allons armées catholiques,
Le jour de gloire est arrivé, etc.
O sainte Vierge Marie,
Condis, soutins nos bras vengeurs.
11 y avait aussi une Carmagnole vendéenne que chantèrent les patriotes de ce pays. Ce sont eux qui composèrent les chansons où ils célébraient la défaite des blancs à Chollet et à Montaigu, leur poursuite par les colonnes infernales, etc. Celles qui eurent cours dans « 1 armée catholique et royale » furent plus nombreuses ; beaucoup semblent l’œuvre de demi-lettrés ; telles sont celles à la louange de Charette.
D’autres ont une allure plus populaire, témoin le couplet dans lequel un jeune gars, prisa la conscription, répond aux gendarmes qui le pressent de partir :
N’y avait ni gendarmerie Ni nationaux
M’empêcher de voir ma mie Sous les ormeaux
Au cours de sa consciencieuse exploration Bujeaud n'avait pas îencontré, et pour cause, la chanson dite de Monsieur de Charette, qui a été beaucoup chantée à l’ôpoque où les légitimistes espéraient une troisième Restauration, et que plusieurs écrivains faisaient remonter aux guerres de la Vendée. Elle est en réalité beaucoup plus jeune, et un passage des Lettres et Souvenirs de Paul Féval , par Oscar de Poli (l aime, 1887), ne laisse aucun doute sur son véritable père, le roman-