‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 452 sur 503 · Paul Sébillot. Trad. t. 1, p · texte numérisé non relu

Paul Sébillot. Trad. t. 1, p

2. A. Belfast en Irlande on montrait sur la Cave Hill une image qui ressemblait à Napoléon. (Prévost. Un tour en Irlande, 1846, p. 340) ; le flanc du mont San Martino à Luco présente le soir une ressemblance frappante avec Napoléon endormi (Alberto Lumbroso, in Archivio per lo studio delle tradizioni , t. X, p. 473), cf. aussi sur sa popularité à l'étranger : Paul Sébillot. Rev. des Trad. pop., t. IV, p. 386 et suiv. A léna le Napoleonesberg est un cercle de pierres brutes élevé par les habitants (Thiers. llist. du Consulat et de l'Empire, t. XXV, p. 140'.

2. Alfred Ilarou, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 204, t. XXI, p. 177.

394 l’histoire de FRANCE dans la tradition populaire

.Napoléon a été désigné par des sobriquets : ses soldats l’appelèrent: le Petit Caporal, le petit Tondu, le père la Pensée. Un autre surnom, celui de Père La Violette, lui avait été donné par eux lors de son séjour à l’île d’Elbe, parce qu'ils disaient qu’il reviendrait avec les violettes, c’est-à-dire avec le printemps1. Sous la Restauration, les Bonapartistes pour dérouter la police se servaient des termes : l’Ancien, l’Autre. En Provence ses ennemis, avant sa chute et surtout depuis, lui donnèrent le nom de Nicolas qui, dans le midi, est un des surnoms de Satan ; les royalistes en 1814 et 1815 l’y appelaient « Castagnié » par allusion aux châtaigniers de la Corse2. A Vitré on avait travesti son nom en celui de Bon à pendre, que les vieux légitimistes employaient naguère encore 3.

L’un des poètes qui ont le plus chanté Napoléon lui prédisait une popularité beaucoup plus longue qu’elle ne l’a été:

On parlera de sa gloire,

Sous le chaume bien longtemps,

Et l’humble toit dans cinquante ans Ne connaîtra plus d’autre histoire4.

La littérature orale napoléonienne se réduit en réalité à un petit nombre de pièces. On verra plus loin que les récits où figure le héros n’ont guère pris la forme légendaire, et que presque tous sont des espèces de faits-divers de la tradition.

Dans mes explorations en Haute-Bretagne, j’ai essayé à diverses reprises de retrouver des chansons que j’avais entendues (vers 1860) et qui étaient restées dans mon souvenir comme ayant une allure populaire ; vingt ans après je n’ai pu en recueillir une seule, je n’y ai pas non plus rencontré un seul conte, un seul récit où Napoléon fut simplement nommé. L’enquête ouverte par la Revue des Traditions populaires en 1888, n’a pas été plus fructueuse. Le dépouillement des recueils de chansons populaires ne fournit qu’un nombre infime de pièces sur Napoléon et les siens, et encore elles sont souvent indiquées comme étant tombées en désuétude. C’est ainsi qu’en Nivernais, on ne connaît presque plus les chants de l’époque napoléonienne, encore très répandus il y a une quarantaine d’années5. Tel est aussi le cas de celle intitulée Buonaparte, et relative à la campagne d’Italie, qui se chantait sous la République dans l’Aunis et le marais poitevin, et d’une autre

1. Théodore Muret. Histoire de France par le théâtre. Paris, 1865, in-18, t. If, p. 64. Après Waterloo la gentille tleur partagea la proscription du drapeau tricolore.

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