‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 460 sur 503 · N. Quellien. Chansons et danses des Bretons, p · texte numérisé non relu

N. Quellien. Chansons et danses des Bretons, p

4. H. Gaidoz et Paul Sébillot. Blason populaire de la France , p. 325, d’a. Stœber. Deutschen Mundarten, t. III, p. 77.

400 L IIISTOIRE de FRANCE dans la tradition populaire

usité'. On adonné aux Cosaques le sobriquet de Mangeurs de chandelles ; pendant longtemps le peuple de France racontait qu’ils s'en régalaient ; les vieux paysans du Hainaut leur attribuaient aussi ce singulier goût. Durant tout le séjour qu’ils tirent à Liège, on ne voyait aucun enfant dans les rues parce qu'on avait répandu le bruit qu’ils mangeaient les enfants1 2 3. En argot Cosaque signifie un homme brutal et grossier ; en Franche-Comté : Sale Kosek ! est un terme injurieux très familier’.

Les Prussiens qui occupèrent militairement la Haute-Bretagne n'étaient pas en bons rapports avec la population ; à Jugon (Côtes-du- Nord) on nomma pendant longtemps le Puits aux Prussiens un puits où plusieurs avaient été précipités ; à Fougères plus d'un disparut qui ne mourut pas de sa belle mort ; à Ercé-près-Liffré (Ille-et-Vilaine) on se contentait de mettre du chenevis dans leur cidre pour les enivrer4.

Pendant plusieurs générations, le peuple regarda comme particulièrement calamiteuse la période qui suivit la chute détinitive de l’Empire. L’année 1816 fut appelée en Franche-Comté l'année de misère5 6. C’est alors que l'on donna à une fontaine intermittente des Ardennes qui jaillit avec force en 1815 et en 1816 le nom de fontaine de malheur (cf. t. Il, p. 210). Les pêcheurs d'Etretat prétendaient qu’après la déchéance de Napoléon les harengs avaient abandonné la cote1’ et l'on disait en Forez que depuis la venue des ennemis les arbres à fruits étaient morts et desséchés7.

La Restauration n’a laissé dans les souvenirs populaires que des traces peu nombreuses, et peu intéressantes, qui semblent effacées aujourd’hui. Le peuple appelait « rentrants, » les émigrés qui revenaient avec le roi ; à Angers, les chouans de 1815 étaient des « Roeantins », ce qui est synonyme de vin vert 8. A Nîmes, vers 1835, la mémoire du massacreur Trestaillon était abhorrée et sa maison resta longtemps inhabitée9. Le petit homme rouge des Tuileries se montra plusieurs fois avant l’assassinat du duc de Berry, et il apparut à Louis XVIII sur son lit de mort10. En certaines contrées le peuple regardait Charles X comme un imbécile ; dans le Blaisois, ce serait à cause de lui qu'on aurait donné aux ânes le nom de Charles ou de Chariot; à Paris, jusque

1. Le Temps , 7 janvier 1907. Estomac d'Autriche a probablement été formé d’après Estomac d’autruche ; il suffisait de changer une lettre.

2. Alfred Itarou, in Rev. des Trad. pop., t. XVI 1 1, p. 601, t. XXI, p. 398.

3. L. Larcher. Dict. d'argot ; Roussey. Gloss. de Bournois , p. 17t.

4. Paul Sébiltot. Trad. t. I, p. 371 ; Mme E. Vaugeois, in lier, des Trad. pop., t. XXI, p. 231 .

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