‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 55 sur 503 · Edgar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p · texte numérisé non relu

Edgar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p

CULTKS ET OBSERVANCES MÉGALITHIQUES

furent mauvaises, et ils les attribuèrent à sa curiosité !. Un archéologue qui, presque à la même époque, avait visité les pierres de Carnac, écrivait au cours de sa description : Il s’en voit dans le grand nombre quelques-unes de couchées, soit qu'elles aient été renversées naturellement, soit qu’on ait eu l'intention d’en faire usage, ce que les paysans de ces contrées n’ont osé pendant longtemps par esprit de superstition 1 2. Ogée, qui dit la même chose, ajoute qu’aujourd’hui, « on est parvenu à détruire cette ridicule superstition ». Le clergé y contribua sans doute en les employant à la construction des édifices sacrés, et la tradition locale est d’accord avec les vers de Brizeux où il parle du

. . .portail de l’église

Dont les menhirs brisés ont bâti chaque assise 3

Il y a une centaine d’années les villageois des environs de Vert disaient que si on déracinait la Pierre piquée, il sortirait de la place qu’elle occupe un torrent qui ravagerait toute la Beauce. La même catastrophe arriverait si on détruisait le menhir de Doingt en Picardie ; et si on enlevait celui de Saint-Samson près Dinan, la mer envahirait toute la France4 5. A Guernesey le propriétaire du champ de l’Autel prévint celui qui l’avait acheté pour en faire une carrière, que s'il touchait au dolmen qui s’y trouvait, il ne serait jamais riche ou heureux. Cette idée fut confirmée par une singulière coïncidence que les paysans racontent, et dont il existe plusieurs versions. L’auteur de la plus complète la tenait du neveu de celui qui éprouva de multiples mésaventures pour avoir détruit La Roque qui sonne, énorme pierre qui avait fait partie d’un dolmen. Lorsque le propriétaire du terrain où elle se trouvait eut annoncé son intention de l'employer à faire des portes et des fenêtres, les gens du voisinage lui prédirent que cet acte sacrilège attirerait sur lui des infortunes ; il se moqua d’eux, et la maison s’éleva. Le jour même où deux domestiques y préparaient l’emménagement de leurs maîtres, le feu y prit, et se développa si rapidement qu’ils périrent dans les tlammes. Les débris de la maison furent débités en petites pierres, et embarqués sur deux navires dans lesquels cet homme était intéressé, et qui périrent en mer : le feu détruisit la maison qu'il habitait à Aurignv où il s’était établi ensuite, et les agrès du bateau qui le ramenait à Guernesey lui brisèrent le crâne"'. Quand

1. Legrand d’Aussy. Des sépultures nationales, p. 202. Ménir est ainsi écrit par cet auteur, qui proposa d’adopter les mots bretons menhir et dolmen pour désigner les deux principales formes des monuments dits alors celtiques.

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