P. du Châtellier. Még. du Finistère , p
7. P. du Châtellier. Mégalithes du Finistère , p. 83. Quarré-Reybourbon, Még. du Nord , p. 8; A. Harou, in Rev. des Trad. pop. t. V, p. 231; Ph. Salmon. Dict. arch. de L'Yonne , p. 100.
LES MENHIRS
celui de Vieuxvieil s’échappa du bissac dans lequel il en transportait les matériaux à travers l’espace ; deux de ceux de Bazouges-sous-Hédé y tombèrent lorsque sa sangle se rompit ; quand il passait à Noyalsous-Bazouge, tenant sous chaque bras un bloc gigantesque, il laissa choir Pierre Longue qui s’enfonça en terre par son énorme poids; la seconde alla s’abattre dans le Champ Dolent, à une demi-lieue de Doi. D’autres monolithes ont été abandonnés par lui lorsque ses ouvriers lui crièrent qu’ils avaient assez de matériaux : c’est alors qu’il posa à Parigné le menhir où l’on voit l’empreinte de ses griffes et que ses serviteurs y laissèrent les autres1. En Anjou il devait achever un pont avant le chant du coq ; n’ayant pu être prêt à temps, il déchargea ses pierres; c’étaient trois menhirs aujourd’hui détruits et plantés en triangle à Liré ; en Vendée la même légende s’applique aux mégalithes de la région en face de Plie d’Yeu2.
Il s’était engagé à transporter ;à cloche-pied, avant minuit, de l’autre côté de la Maine, le menhir de Saint-Macaire (Maine-et-Loire) ; mais l’heure fatale ayant sonné avant qu’il eût atteint la rivière, il le laissa où on le voit aujourd’hui3 4 5.
Une légende des bords de la Meuse attribue une de ses mésaventures à une circonstance peu ordinaire. Lorsque saint Vandrille convertissait les païens, les démons, avant de quitter le pays, résolurent de déménager les pierres qui leur servaient de sièges ; il n’en restait plus qu’une que l’un deux venait de charger dans la hotte, lorsque le saint parut et fit un signe de croix ; le démon lâcha sa pierre qui se ficha dans le sol ; c’est le menhir de Milly, canton de Dun L
Les menhirs qui éveillent l’idée de statues grossières d'hommes ou d’animaux portent, comme les blocs naturels, des noms en rapport avec cette apparence. On montre en Belle-Isle-en-Mer Jean et Jeanne de Runélo, à l’Ile de Sein les deux Causeurs, à Trédion Jean Babouin et Jeanne Babouine, à Rillé les trois chiens, dont l’un ressemble assez à un chien assis L
Parfois on raconte que ceux qui sont groupés d’une certaine façon, sans présenter des aspects anthropomorphes bien accusés, furent des personnages, pétrifiés à cause de leurs mauvaises actions. Souvent la métamorphose suit la violation d’une observance religieuse. Le cromlec’h des Demoiselles de Langon est formé par le corps de jeunes filles qui, au lieu d’assister à la messe du dimanche, s’étaient rendues là
1. P. Bézier. Mégalithes de lllle-et-V Haine, p. 62, 13, 14, 86,78, cf. aussi p. lin.
2. L. Bousrez. L'Anjou aux âges de la pierre , p. 66; Marcel Baudouin, in Bull. Soc. d' Anthropologie, 1902, p. 185.
3. M. Reveillère-Lepeaux, in Académie Celtique , t. II, p. 192.