Francis Pérot, in Rev. des Trad. pop., t. XXI, p
CULTES ET OBSERVANCES MÉGALITHIQUES
conque, et ils leur attribuent la vertu magique de guérir, à condition que le patient ait foi en leur efficacité ; ceux de l’Ain pour la guérison de la petite vérole, des maladies de foie, etc. Dans le canton de Hochfelden (Basse-Alsace), les celts arrêtent les hémorragies et surtout les pertes chez les femmes ; à Hambach, ils combattent les convulsions des enfants ; à Ratzwiller ils favorisent les accouchements difficiles ; il suffit d’en frotter doucement le ventre de la femme pour que les douleurs cessent et que le travail marche régulièrement ; aux environs de Lesparre, on vient chercher une fort belle hache en jade, pour en frotter le ventre de la parturiente ; le prêt de cette amulette peut être payé en nature, mais non en argent, ou elle perdrait toute son efficacité ; elle sert aussi à guérir les coliques néphrétiques. Aux environs de Quimperlé les haches polies, que leurs possesseurs cachent, ont entre autres vertus secrètes, celles de guérir la rage, l’épilepsie, et la fièvre typhoïde h
Ces instruments servent aussi fréquemment à la guérison du bétail. Dans la Loire-Inférieure, on frotte la hache avec de la graisse et on la met dans un sac qui est attaché au cou de la bête malade ; à la Turballe où elle est appelée Pierre de Contreprin , on la graisse aussi avant de frictionner l’animal, plus elle est grosse, plus le remède est efficace 2. En Alsace on applique une hache de pierre sur les mamelles des vaches atteintes de mammite ; à Niederbronn (Basse-Alsace), on les leur frotte avec; ailleurs on guérit les bestiaux malades en les frictionnant à rebrousse poil3. Dans les Vosges on pratique sur eux, le Donneraxt à la main, trois passes, à trois reprises différentes 4.
Les paysans de Guernesey donnent à boire aux animaux malades l’eau dans laquelle un celt a été plongé ; ceux de la Lozère les font bouillir dans celle destinée à guérir les moutons ; dans l’Aveyron on y trempe une de ces variolithes qu’on trouve quelquefois dans les dolmens6. A la Turballe (Loire-Inférieure) on fait boire à la vache qui a des coliques l’eau dans laquelle on a placé une hache. En Alsace, on fait parfois avaler aux animaux atteints d’enflure une certaine dose de la pierre réduite en poudre6.
Dans le canton de Hochfelden (Basse-Alsace) il suffit, pour rendre 1 appétit aux chevaux de déposer une hache dans leur mangeoire ; à
1. Paul Tomasi, in Bull, de la Soc. d'Anth. 1899, p. 554 ; A. Callet, in Rev. des Trad. pnp., t. XVIII, p. 502; Bleicher et Faudel, 1. c., III, p. 41 : Fr. Daleau, in Rev. des Trad. pop., t. XXI, p. 123 ; Georges Hervé. Ibid, t. XXI, p. 168.
2. Pitre de l’Isle, in Rev. des Irad. pop., t. XXI, p. 169 ; H. Quilgars. Ibid, t. XV p. 292.
3. E. Cartailhac, p. 19 ; Faudel et Bleicher, fasc. I, p. 84.