‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 89 sur 503 · Aveneau de la Grancière, 1. c., p · texte numérisé non relu

Aveneau de la Grancière, 1. c., p

Lors du pardon de N.-D. de la Clarté à Baud, les possesseurs des colliers profitent des cérémonies pour les faire bénir.

4. JournaL de tiennes, 15 août 1889. L’auteur de l’article ajoute : Ces pierres ressemblent pour la plupart aux pendeloques et aux pierres polies retrouvées souvent sous les dolmens, de sorte qu’on peut se demander si cet usage ne remonte pas à une haute antiquité.

CULTES ET OBSERVANCES MÉGALITHIQUES

translucide, supportée par un cordon de laine bleu et rouge, était accrochée avec un chapelet à un bénitier près d’un lit-clos ; elle provenait d’un dolmen, était portée depuis plusieurs générations comme amulette et était employée pour aider les menstruations difficiles des jeunes filles ; si la guérison ne se produisait pas, il fallait l'attribuer à la mauvaise conduite de la porteuse

§ 7. LES LÉGENDES DE SACRIFICES HUMAINS

Pendant une bonne moitié du XIX® siècle, une opinion courante et que partagèrent des savants, associait les druides aux menhirs et aux dolmens, et, en conséquence ces mégalithes, qui passaient pour avoir servi à leur culte, portaient le nom de monuments druidiques. Bien que, depuis les découvertes de la palethnologie, il ne soit plus possible d’attribuer aux druides la construction, tout au moins des dolmens, on voit encore ce terme « druidique » figurer au lieu de « mégalithique » dans des ouvrages publiés surtout en province, et dont quelques-uns ne sont pas sans mérite. Ces monuments ayant été construits par les druides, devaient avoir joué un rôle dans leur religion ; l’assimilation à un autel de certains dolmens, surtout lorsqu'ils ne subsistent qu’en partie, et qu’ils présentent l’aspect d'une table posée sur deux ou plusieurs supports, était très tentante, et elle était commode pour expliquer leur destination et les particularités que l’on y remarquait. Elle ne manqua pas d'être faite.

L’idée que les mégalithes, et en particulier les dolmens étaient destinés à servir d’autels ne semble pas ancienne : je ne l’ai trouvée nulle part antérieurement au XVIIIe siècle. En 1732, le P. Grégoire de Rostrenen écrit : les païens, dit-on, olïroient autrefois des sacrifices sur ces pierres1 2. Il n’ajoute rien à cet: on dit. Une vingtaine d’années après, quelques écrivains locaux sont plus affirmatifs ; c’est ainsi que le curé Joussemet écrit à propos des dolmens de file d’Yeu : les druides gaulois y avoient des autels faits de grosses pierres naturelles, dont le plus entier est la Roche aux petits fadets, assise sur un tertre auprès du bord de la mer. La tabie de dessus a environ quatorze pieds de long sur sept pieds et demi de large ; neuf pierres debout la soutenoient, mais une partie a été cassée par la foudre et couchée d’un costé par terre. Il y avoit, dit-on, d’autres autels de mesme origine qui ne sont plus en place, sçavoir : la pierre levée qui étoit. en face du Château-Gaillard ; la Pierre Saint-Martin sur laquelle on dit que ce serviteur de Dieu est monté pour prescher l’Evangile ; l’Aiguille de

1. Z. Le Rouzic. Carnac, fouilles faites dans la région (1901 et 1902). Vannes, 1902, p. 16. Ext. du Bull, de la Soc. poly. du Morbihan.

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