‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 106 sur 506 · J .-M. Noguès, 1. c · texte numérisé non relu

J .-M. Noguès, 1. c

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j|4 LÉS mammifères domestiqués

Comté et en Bourgogne ; Foulta, Servant, dans la Suisse romande *.

La forme de ces petits esprits n’est pas décrite avec une grande précision : ceux des paysans du Berry qui prétendaient avoir vu le follet disaient qu'il était gros comme un petit coq, et qu’il avait aussi une crête rouge ; ses yeux étaient de feu, il avait des griffes au lieu d’ongles ; quant à sa queue, elle ressemblait tantôt à celle du coq, tantôt à celle d’un rat, et il s’en servait en guise de fouet pour faire courir sa monture ; en quelques parties de la Haute-Bretagne, le Mait’Jean a des jambes de bouc, et il prend parfois une forme animale qui n’est pas facile à distinguer ; le Sotré des Vosges est un petit bonhomme, laid, difforme, aux pieds fourchus ; le Soltrait de la Meuse, un nain vêtu et coiffé de rouge ; un Sotré lorrain a une petite calotte rouge2. Quelquefois ces génies de la nuit manifestent leur présence par des lumières : Guillaume d’Auvergne, évêque de Paris, mort en 1248, auquel on doit la plus ancienne mention un peu précise de leurs gestes, dit que des gens prétendaient avoir vu de malins esprits qui, sous là forme de femmes vêtues de blanc, pénétraient parfois dans les écuries, tenant à la main des flambeaux de cire dont les gouttes se voyaient le matin sur le cou des chevaux3. Naguère encore le follet de la Beauce se glissait avec une lanterne le long des râteliers, et, dans le Jura, on voyait aussi des chandeloltes aller et venir dans les écuries fréquentées par les lutins4. La résidence de ces nains pendant la période où on ne les voit pas n’est pas toujours connue : cependant en Haute-Bretagne, certains passent leur vie dans les greniers, et un servant des Alpes vaudoises se tenait en haut d une échelle 5.

Les génies qui fréquentent la demeure des bêtes sont très souven animés d’intentions bienveillantes. C’est le rôle qui leur est attribué par un poète du XVIe siècle qui habita l’ouest de la France ; après avoir parlé des « démons » qui pendant la nuit remplissent les « tymbres » destinés au bétail, il arrive à ceux qui s’occupent plus spécialement de la cavalerie :

Comme aussi un cheval en l estable souillé

Qu’on auroit mis au soir, le trouver estrillé

Et net le lendemain, sans que de créature

1 Cordier. Dicl. du patois meusien ; L.-F. èauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 238 ; G. de Launay, in Rev. des Trad. pop., t. VIII, P- 95 ; F. Mistral. ’

D. Monnier et A. Vingtrinier. Trad., p. 649 ; Clément- Janm. Sobriquets de la Coted'Or. Ct’âtillon, p. 44; Ceresole. Légendes des Alpes vaudoises, p. 121.

2. George Sand. Légendes rustiques, p. 76-77 ; Paul Sébillot, 1. c. p. 142 , L- • Sauvé, 1. c. p. 232 ; H. Labourasse. Ancien us etc. de la Meuse, p. 153 , E. Los quin. Contes de Lorraine, t. 11, p. 264.

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