‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 135 sur 506 · De Lancre. De l'inconstance des démons , 1. 1, p · texte numérisé non relu

De Lancre. De l'inconstance des démons , 1. 1, p

4 Gervasius de Tilbury. Otia imperialia, éd. Leibnitz, p. 993.

Dans une assemblée de sorcières en Auvergne, un énorme chat prenait de l’eau avec sa queue et en aspergeait les assistants à la ronde. (Etienne de Bourbon. Anecdotes, p. 323). Cf. p. 35.

Les SORCIERS sôüs ëoëmé aniMalë

été assailly des chats et qu’il les avoit blessés1.» Les parallèles de cette superstition sont nombreux dans le folk-lore contemporain : en Wallonie un chat noir, rencontré à minuit, fut rapporté dans une maison où il se mit à parler ; une vieille femme lui lança à la tête de la bouillie brûlante, et, le lendemain on vit une mendiante dont le visage était couvert de brûlures ; un juif d’Alsace ayantaperçu un gros chat dans un endroit hanté, comprit que c’était une sorcière qui avait oublié ses paroles cabalistiques ; il lui cassa la patte, et plus tard il vit une vieille femme blessée à la main ; à Obernai (Alsace) il faut se garder, en chassant d une écurie le chat noir que l’on soupçonne de s’y être introduit pour nuire aux animaux, de lui briser un membre : la blessure se retrouverait identique chez quelque vieille femme du voisinage2. Un jeune homme de l’Albret qui avait tiré un soir sur une sorcière qui, pour le suivre, s’était changée en chèvre, la vit tomber, et plaça son chapelet sur elle ; le lendemain quand il l’enleva, on , tiouva dessous le corps dune jeune fille 3 4 j un jeune garçon ayant frappé avec son bâton une génisse qui passait sa tête au-dessus de la haie du verger où demeurait sa bonne amie, elle disparut : le lendemain, il apprit que sa belle était morte d’un coup qu’elle avait reçu dans les reins . elle se transformait ainsi pour surveiller son amoureux dont elle était jalouse - ; en Gascogne un sorcier sous l’apparence de chien est blessé à la jambe d’un coup de feu 5.

Quelquefois un objet sacré met fin au déguisement: on raconte en Wallonie qu’une bouteille d’eau bénite ayant été jetée à la tête d’un poulain qui se montrait toutes les nuits, il redevient une vieille femme6. Une jeune sorcière de l’Albret, délaissée par son amant, se changea en une chatte blanche qui se mettait sur ses genoux quand il était chez sa nouvelle bonne amie ; celle-ci l’enferma dans un sac, avec une paire de chapelets bénits, et, le lendemain, en y regardant, elle y vit la fille

1. Jean Bodin. Le Fléau des Sorciers, 1. II, p. 6, 1. IV, p. 242.

Je ne fais paroistre aux personnes ennuitées que rencontrent les sorciers allant au sabbat qu’une troupe de chats dont le prince est Marcou (Cyrano de Bergerac Lettre pour les Sorciers). Suivant une croyance du Bas-Maine, les chats tout noirs sont des sorciers métamorphosés ; si on en tue un et qu’on l’enterre, on ne le retrouve plus le jour suivant dans sa fosse. (X. de la Perraudière. Traditions locales, p. 15).

2. Joseph Defrécheux, in Wallonia, t. IV, p. 78-79; Stauben. Scènes de la vie juive en Alsace, p. 27 ; L. Jacquot, in Rev. des Trad. pop., t. XV, p 368

La vicomtesse qui étoit peureuse ne douta pas qu’un chat qu’on avoit enfermé par hazard ce soir-la dans sa chambre et qui en sautant avoit cassé une porcelaine ne fut un Lutin qui avoit paru sous cette figure. (Madame de Murat. Les lutins du château de Kernosy. Leyde, 1753, p. 66).

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