‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 136 sur 506 · O. Colson, in Wallonia, t. IX, p · texte numérisé non relu

O. Colson, in Wallonia, t. IX, p

LES mammifères domestiques

toute nue. Les fatsillières ou sorcières d’Auvergne se mettaient en chattes ou en chiennes pour étouffer les enfants en s endormant sur leur cou1 2. Une légende alsacienne parle de transformations successives : un juif ayant jeté ses téphelines au milieu d’une vingtaine de vieilles sorcières, elles se changèrent en autant de chats noirs qui grimpèrent sur les arbres voisins où étaient leurs vêtements, puis reprirent leur forme de vieilles femmes, dès qu’elles les eurent revêtus-..

L’apparition des esprits sous l’apparence de barbets noirs est asse2 fréquente dans les récits de Basse-Bretagne : c’est celle que revêt le diable pour venir sucer le petit doigt d’un enfant, et le lutin 7 euz-ar- Pouliet pour pénétrer dans les maisons. Dans certains collèges de jésuites, un chien noir était une sorte de croquemitaine pédagogique qui venait emporter l’âme et parfois même le corps des enfants impies. Le bélier de toutes couleurs d’un conte de la Haute-Bretagne est une incarnation du démon 3 * 5.

Lorsque le diable vient sur terre, sous forme humaine, on le reconnaît à une imperfection qu’il ne peut entièrement dissimuler; 1 un de ses pieds est toujours difforme et ressemble à un sabot de cheval, plus rarement à celui d’un âne ; en Picardie il a des pieds de bouc \

Des revenants sont parfois condamnés à subir une expiation sous la figure d'animaux domestiques. Une comédie du XVIIe siècle fait allusion à cette croyance, et un valet s’en sert pour persuader à un fermier qu’il veut duper, que son maître a cessé de vivre :

Crispin . Pour vos intérêts

Le pauvre mort nous est apparu tout exprès,

Tantôt en pigeon blanc, tantôt en chien barbet.....

Perrette. Je m’en vais avoir peur de tous les chiens barbets,

J’en viens d’en voir un là, plus grand qu’à l’ordinaire,

Que je croyois qui fût l’àine de votre père.

Le sang m’a remué jusqu’au fin bout des doigts ’.

En Basse-Bretagne, les femmes mariées qui contrarient 1 augmentation de la famille se montrent sous la forme de truies, accompagnées d’un nombre de petits cochons égal à celui des enfants qu’elles auraient eus en obéissant à la loi de la nature. Les jeunes filles qui, par crainte des douleurs de l’enfantement, ne se marient pas, sont exposées à une plus cruelle punition posthume. La vierge Berhette

1. Abbé L. Dardy. Anthologie de V Albret , t. Il, p. 289 ; C. Audigier. ou urnes de la Haute-Auvergne, p. 44.

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