‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 170 sur 506 · CONJURATIONS · texte numérisé non relu

CONJURATIONS

les chats, etc. Ils savent aussi contrefaire les bruits de divers métiers comme celui du tisserand :

Trie trac de olu fbis)

ou des scieurs de long :

Hire o zigue !

ou parlent comme les charretiers ou les conducteurs

de charrue *. Des

surnoms tels que : limeur de scies appliqué à la mésange charbonnière, indiquent 1 assimilation de leur chant à des occupations humaines2.

Les enfants et parfois aussi les grandes personnes adressent aux oiseaux, pour les éloigner, plusieurs conjurations, parfois assez bruyantes. Lorsque les petits garçons Normands voient les corneilles s’abattre dans un champ pour manger l’avoine naissante, ils se mettent à chanter à plein gosier :

Cônille, côniile emmantelée,

Ta mère est brûlée,

Ton père est pendu, etc.

Aux environs de Brest ils crient :

N / Corbeau, corbeau,

Le feu est dans ta maison.

Dans le Genevois, ils saluent les corbeaux et les corneilles par diverses formulettes :

Corbeau, corbeau, sauve-toi.

Voici le petit fils du roi Qui te coupera le p’tit doigt !

Aux environs de Lorient, ils disent :

Corbi, corbasse,

La mort t’eimbrasse,

Car dein ton nid,

Tè petits son péris ! 3

En Languedoc, on récite aussi une formule de malédiction, dont voici le commencement :

Cor b, Cor b,

Vai t'en a la mar, etc.

Corbeau, corbeau, va-t-en à la mer. Les pêcheurs de la Haute-Bretagne adressent aux goélands pour les chasser ces rimes menaçantes :

Goéland,

Va-t’-en aux bruments (hannetons),

Si tu n’y vas pas,

Je te couperai ton sang4.

Plusieurs observances ont pour but de chasser les oiseaux de proie

t. Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 179-180.

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