Arthur Daguin. Faune pop. de la Haute-Marne , p
3. J. Lecœur. Esquisses du Bocage , t. I, p. 253 ; E. Rolland, 1. c. p. 113 : Blavignac. L Empro genevois , p. 153.
4. Revue des langues romanes, 1873, p. 576 ; Paul Sébillot, 1. c., p, 181,
LES OISEAUX SAUVAGES
ou de les empêcher de nuire à ceux de la basse-cour : Dans les Vosges, on donne de la viande à la volaille, le jour du vendredi saint pour la préserver de la buse ; dans les Alpes vaudoises on fait manger aux poules du pain de communion pour que le « bon oiseau » ne les prenne pas1. Au XVIII0 siècle on éloignait le petit milan (hobe) des poulets en criant : Hobe ! hobe ! et en frappant des mains. Dans le pays messin, pour empêcher les buses et les milans de manger les poulets, on leur adresse cette conjuration : Halér ! halér ! fa treûs fouos lo io de lè môhon, t’éré lo pu bê de mes ôssons. Buse, buse, fais trois fois le lourde la maison, tu auras le plus beau de mes oisons. Dans le Loiret, pour écarter l’émouchet, on plante dans la basse-cour une perche surmontée d’une faucille ; en Wallonie les fermiers clouent à leur porte un épervier, comme pour montrer à ses pareils que l’homme peut les tuer2.
Dans le Centre les enfants crient aux grues qui passent dans les airs : « Tribouillez-vous ! Tribouillez-vous ! » ou « En rang, en rang, les belles ! » Ils prétendent que le premier cri suffit pour porter la confusion dans les lignes de leur triangle, et que le second, au contraire, les remet en ordre lorsqu’elles ont rompu leurs rangs 3 ; les entants girondins disent aux grues qui volent :
Rotez, rotez (roulez)
Mesdames les grues,
Vot’ maison qu’est abattue,
Vos petits qui sont dedans Y criant tant qui pouvant :
Rotez, Rolez.
A Malmédy (Prusse Wallonne), les enfants crient:
A Te grow !
Lè clw'et son’sèrèy ;
Lè dkl'e son yèrdot.
Ah ! les grues ! Les portes sont fermées, les clés sont perdues4.
En Nivernais, en Haute-Bretagne, ils [s'efforcent de faire taire le coucou en lui disant :
Coucou, coucou,
De la miche en mon cou De la m. . . en l’teinne.
Coucou, coucou,
Chante, le diabl’ te cass’ le cou !
Va t’en aller, coucou,
Ou gare ma faux : je te coupe le cou 5 !
1. L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges , p. 113 ; A. Ceresole. Légendes des Alpes vaudoises, p. 334.
2. E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 15-16; p. 96; Alfred Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 397.