E. Rolland. Faune pop ., t. II, p
4 F. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 74 ; Alfred Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 477.
5. Ach. Millien, in Rev. des Trad. pop., t. III, p. 344 ; Paul Sébillot- Trad ., t, II, p, m.
l’arrivée des oiseaux
On a déjà vu qu’on laissait le plus beau brin de chanvre pour l’oiseau Saint-Martin. La pie reçoit aussi des présents à certaines époques. Il y a une centaine d’années, les bergères et les bouvières du Poitou portaient le jour du Carnaval, la crêpe à la pie ; elles la suspendaient aux plus hautes branches d’un arbre auxquelles elles attachaient des bruyères, des lauriers, des rubans, et elles dansaient autour; en récompense la pie avertissait de l’approche du loup. Cet usage n’est pas tombé en désuétude, mais il n’est plus accompagné de bouquets ni de danses ; dans quelques villages des Deux-Sèvres, la pie a en outre la dernière javelle pour faire son nid, parce qu’elle prévient les vignerons de l’approche des animaux nuisibles l.
Quelques oiseaux sont en relation avec les fêtes religieuses, parfois en raison de circonstances légendaires. Les hirondelles arrivent toujours avant le Vendredi saint, pour assister à la Passion. On dit en Périgord que le roitelet était présent à la naissance de l’enfant Jésus et avait son nid sur la crèche de Bethléem; en Berry qu’il apporta toute la mousse et tout le duvet de son nid pour faire une couchette à l’enfant. En Normandie on prétend que chaque nichée se réunit le jour ou la veille des Rois, avec les père et mère, pour prendre part à cette fête. Aux environs de Dinan, les oiseaux fêtent la Résurrection: le premier qui chante l’ Alléluia est le berruchet (troglodyte) qui a ce privilège parce qu’il ne travaille jamais le dimanche. Dans l’Yonne, l’alouette commence à chanter à la Chandeleur, au moment de la messe où l'on distribue les cierges en récitant : Lumen ad revelationem gentium 2.
Le coucou est généralement regardé comme le messager du printemps ; en Haute-Bretagne on lui dit :
Coucou, coucou,
Ramène le temps doux.
Et de nombreux proverbes parlent de l’époque, variant suivant la latitude, où il doit se faire entendre s’il n’est pas mort 3.
Les formulettes adressées à l’alouette supposent qu’on la regarde comme une sorte d’intermédiaire entre les hommes et la divinité, rôle qui lui est vraisemblablement attribué parce qu’à chaque instant elle s’élève vers le ciel. Les unes, comme celle du Loiret :
1. Guerry, in Soc. des Antiq., t. VIII, p. 451; Desaivre. Etudes de myth. locale, p. 11-12.
2. Paul Sébillot. Traditions , t. Il, p. 184 ; E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 295? d’a. le Chroniqueur du Périgord ; Laisnel de la Salle. Croyances du centre, t. II, p- 250 ; E. Rolland, l.c. p. 295. Com. de Mme Lucie de V.-II. ; C. Moiset. Usages de l'Yonne, p. 14.
3. Paul Sçbillot. Jrad. t. II, p. 170 ; E. Rolland, 1. c. p. 83-84,
LES OISEAUX SAUVAGES
Alouette du printemps,
Prie l’bon Dieu qu’il fasse beau temps Pour faire pousser du bon froment,
Pour faire du bon pain blanc Pour tous ces petits enfants,
expriment le désir que le temps soit propice aux récoltes ; plus nombreuses sont celles où les petits bergers lui demandent de la chaleur ; en voici une de Guernesey, dont il existe de nombreuses variantes, beaucoup plus longues :
L’alouette, l’alouette qui vole en haut,
Prie Gyu pour qu’il faiche caud,
Pour ses poures p’tits aloutiaux Qui n’ont ni manches ni mantiaux1.