‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 173 sur 506 · ERREURS ET PRÉJUGÉS DIVERS · texte numérisé non relu

ERREURS ET PRÉJUGÉS DIVERS

A part celles qui s’attachent à la naissance et à la sociologie les erreurs populaires relevées jusqu’ici sur la nature et les gestes des oiseaux sauvages ne sont pas très nombreuses. Dans beaucoup de campagnes wallonnes les enfants sont persuadés que la pie est la femelle du corbeau ; les noms de Feme de Faisan et de Fumello d'aou faisan , donnés en Languedoc à la canepetière supposent une croyance analogue 2.

La pie a, dit-on en Morvan, sept poils du diable sur la tête ; le peuple de Provence prétend que le héron est pourvu de sept vésicules de fiel. On dit en Ille-et-Vilaine que la tête du Martin-pêcheur est brillante la nuit et qu’elle éclaire comme un feu-follet3.

On paraît avoir oublié le préjugé du moyen âge d’après lequel un oiseau vivait uniquement de l’air du temps ; comme la taupe se nourrissait de terre, la carpe d’eau, le loup en certaines circonstances de vent, le pluvier ne prenait que cette dernière nourriture. Le Menagier de Paris , t. II, p. 183, en parle, et il y est fait clairement allusion dans un passage des Folles Entreprises :

Hélas I nous disnons au couvent Ainsi que les pluviers, de vent4.

Au XVIIIe siècle, les Solognots disaient que la vie du merle était courte, parce qu’il avait coutume de dormir le cul au vent contrairement aux autres oiseaux qui tournent toujours la tête du côté où il

1. E. Rolland. Faune populaire , t. II, p. 210; Edgar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p. 490 ; Paul Sébillot. Trad. t. Il, p. 152-154 ; Jean Fleury, in Mélusine , t. I, col. 538 (pays de la Hague).

2. Alfr. Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 398 ; E. Rolland, t. II, p. 345.

3. E. Rolland, p. 139 ; Mistral. Trésor ; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 188.

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