‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 195 sur 506 · Léon Pineau. Le Folk-Lore du Poitou , p · texte numérisé non relu

Léon Pineau. Le Folk-Lore du Poitou , p

3. F.-M. Luzel. Contes, t. I, p. 198; J. -J. Christillin, in La Tradition , 1903, p. 132.

4. L.-F. Sauvé, in Rev. Celtique, t. V, p. 190; Paul Sébillot. Coutumes de la Haute-Bretagne , p. 157.

5. A. Le Braz. La légende de la Mort , t. II, p. 86; Hipp. Babou. Les Paiens innocents , p. 194,

LÉS OISEAUX SAUVAGES

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matelots morts en mer qui viennent implorer des prières1. En Roussillon, un meunier se montra sous la forme d’un oiseau blanc pour recommander de payer ses dettes. En Vendée, une mendiante qui mourut peu après qu une femme lui avait adressé de mauvaises paroles, revint sous l’apparence d’un gentil oiselet voleter autour d elle. A Guernesey où certains croient que les esprits des morts peuvent prendre la forme d’oiseaux, une femme dont le mari avait été noyé, pensait que son âme était peut-être dans le corps d’un roitelet qui voltigeait constamment aux environs de sa demeure 2.

C’est dans un pays inconnu et situé hors du monde réel que pénèlie le compagnon alsacien qui chemine à la suite d'une tête de mort ; il tire le volet d’une maison, et un nombre infini d’oiseaux en sortent; quand il est arrivé à un château mystérieux, la tête de mort lui apprend qu’il a délivré de pauvres âmes qui y faisaient pénitence 3. Suivant une croyance du Finistère et du Morbihan, lame des enfants morts sans baptême se transforme en oiseau ; c’est pour cela qu on entend dans les bois des chants si doux et si tristes, que l’on prend souvent pour ceux d’oiseaux véritables, mais les vieilles gens ne s’y trompent pas ; d’après une tradition forézienne, Dieu leur donne ailes et plumes et ils gazouillent sur l’orme du cimetière pour amuser les morts .

Le corbeau a des accointances avec le diable qui, dans quelques légendes en relation avec la mort, emprunte la forme de cet oiseau funèbre. Dans un récit de la vallée d’Aoste, il semble 1 avoir prise pour guetter une âme à la sortie du corps : ceux qui assistaient au décès d’un usurier qui passait pour s’être vendu au diable, aperçurent à travers les vitres un grand corbeau qui se tenait devant la fenêtre et qui disparut tout en flammes aussitôt que l’agonisant eut rendu le dernier soupir5. Les légendes et les gwerziou de Basse-Bretagne parlent d’un corbeau noir, qui est plus clairement désigné comme l’esprit du mal : il dispute l’âme à une colombe blanche qui est le bon ange du défunt. Lorsque meurt un ermite coupable de bien des crimes, 1 exécuteur de ses dernières volontés brûle son corps, et va déposer sur le mur du cimetière le plus voisin un fragment d'os calciné placé sur un linge blanc, ou des cendres mises dans un cercueil. Si ces restes tombent sur la terre bénie, l’ermite dont le sort est indécis, sera sauvé,

1. Moreau de Jonuès. Aventures de guerre , t. II, p. 87 ; E. Herpin. Terreneuvats ,

p. 149; Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 198.

2. Horace Chauvet. Légendes du Roussillon , p. 75 ; Jehan de la Chesnaye, in Rev. des Trad. pop., t. XV1U, p. 458 ; E. Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p. 501.

3. Paul Sébillot. Contes des provinces de France , p. 228-229 ; trad. d un conte de

Flaxland, in Alsalia, 1858-61 p. 264.

4. A. Le Braz, 1. c.. t. Il, p. 80 ; E. Herpin, in Rev. des Trad. pop., t. XIV, p. 579 ; F. Noëlas. Légendes foréziennes , p. 282.

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