Béroalde de Verville. Le Moyen de parvenir , p
3. Guerry, in Soc. des Ant., t. VIII, p. 434; D>- Pommerol, in Rev. des Trad. pop. , t. Xll, p. 530 ; Paul Sébillot. Traditions, t. H, p. 64, 65 ; E. Rolland, 1. c., t. IV p. 195 ; Léo Desaivre. Croyances, p. 29; F.-M. Luzel. Contes bretons, p. 75’: Com! de M. A. Dagnet.
LES REPTILES
s’applique en Hainaut à la grenouille qui passe pour être la femelle du crapaud, comme dans le Centre, où I on dit en proverbe : 11 n y a pas de grenouille qui ne trouve son crapaud. Au XVIe siècle, Ambroise Paré disait qu’il fallait éviter de manger des grenouilles au mois de mai, parce que les crapauds frayent avec elles ; un conte de la Haute- Bretagne parle du mariage du crapaud avec la grenouille 1 .
Les reptiles ne s’accouplent pas seulement avec des animaux à sangfroid, mais avec des oiseaux ou avec des poissons : Dans la Vienne, on dit que du coït du mâle de la couleuvre verte et jaune avec la poule vient le cocairi ou œuf de coq ; la poule ainsi fécondée se reconnaît a ce que son chant, qui imite celui du coq, est très rauque ; dans les Deux-Sèvres, le crapaud s’accouple avec la cane ; aux environs de Menton, la couleuvre fraie avec la murène qu'elle appelle en sifflant; en Ille-et-Vilaine elle s’accouple avec les anguilles 2.
Les reptiles, même nés d'une façon normale, peuvent subir des transformations : en Haute-Bretagne une couleuvre qui reste sept ans sans voir âme se change en serpent ; les serpents, dans les mêmes conditions, deviennent très longs et vont à la tour de Babylone , suivant d’autres, c’est parfois après leur mortqu ils s y rendent, et quand la cloche sonne, ils retombent dans un trou. Le plus ordinairement il pousse des ailes à ceux qui, pendant sept ans, ont pu se soustraire à la vue des hommes; c’est, dit-on en Poitou, 1 origine des serpents ailés qui semblent s’éloigner peu de leur contrée d origine, où ilssont l'objet d’ un grand effroi3. En d’autres pays au contraire dès qu’ils sont pourvus d’ailes, ils s’envolent à la tour de Babylone ; cette superstition a été relevée en Sologne, au commencement du XIXe siècle, en Berry où la cocadrille après avoir pris un accroissement énorme devenait aussi ailée, en Auxois où les serpents, les crapauds et les lézaids éprouvaient cette transformation; chaque année le pape allait en chercher à la tour, pour faire les saintes huiles. Une croyance des Côtes-du-Nord suppose que les reptiles n’ont ce privilège que lorsqu ils ont atteint le sommet de l’énorme édifice : au moment où le prêtre frappe à la porte de l’église le dimanche des Rameaux, tous les serpents tombent au pied de la tour, et ils ne peuvent remonter ; s’ils n'étaient pas abattus ce jour-là, ils se mettraient à voler et dévoreraient les gens 4.
1. A. Harou. Le F.-L. de Godarville , p. 18; E. Rolland. Faune pop., 49 ; ; L. Duval. Du rôle des croyances populaires dans la protection des p. Wj Paul Sébillot. Contes , t. Il, p. 175.
2. E. Rolland, 1. c., p. 42-54 ; J. -B. Andrews, in Rev. des Tmd. pop 335 ; Paul Sébillot, ibid., t. Vil, p. 107.
3. Paul Sébillot. Traditions , t. II, p. 218, 223 ; Léo Desaivre, C voyances
4. Legier, in Mém. del'Acad. celtique, t. 11, p. 204 ; Laisnel de la Salle. du Centre, t. J, p. 200 ; H. Marlot, in Rev. des Trad. pop., t. X, p. Sébillot. Coutumes de la Haute-Bretagne, p. 234.
animaux ,
, t. IX, p.
Croyances 210 ; Paul