‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 279 sur 506 · Alfred Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p · texte numérisé non relu

Alfred Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p

4. Le Roman de la Rose, t. II, p. 227 ; B. Souché. Croyances, p. 23 ; F. Chapi-

seau. Le F.-L. de la Beauce, t. 1, p. 270; Paul Sébillot. Traditions, t. Il, p. 302 ; E. Rolland. Faune pop., t. 111, p. 302 ; Lexique du langage populaire de Mâcon, p. 3o ; Joseph Defrecheux. Voc. de la Famé wallonne, p. 164 ; Recréations et joyeux devis, p. 360. J J

LES INSECTES

Cet insecte passait au moyen âge pour se complaire à sa musique : Sa nature est tele que li chestis s’entent tant à chanter qu’il se muert en chantant, tant en pert le mengier et tant s’en lait à pourchacier 1 .

Une comédie du XVIe siècle donne à un dicton une signification assez voisine de celle : avoir un hanneton, ou une araignée dans le plafond :

Parlez tout doulx, car il tient de la lune.

Et a la teste massive de grillons 2.

Les paysans sont loin de partager la répugnance que les parasites de la tète inspirent aux civilisés. En Hainaut, tous les enfants ont des poches à poux à la base du crâne ; lorsque le peigne les crève, ils font irruption sur la tête de l’enfant ; dans cette région, comme en Picardie, et en d’autres pays, les poux sont un indice de santé ; on dit parfois qu’ils mangent le mauvais sang ; aussi a-t-on soin de ne pas les détruire tous. En Hainaut ils abandonnent les filles dès que les premiers signes de puberté se manifestent. On assure à Gouesnou (Finistère) que certaines personnes doivent avoir des poux, et que si elles tuent ceux qu’elles ont, d’autres de ces insectes leur mangent le cœur3.

Lorsque les enfants ne veulent pas se laisser peigner on leur dit souvent que les poux entortilleront leurs cheveux pour en faire des cordes et les entraîner dans la rivière ou dans la mer, ou qu’ils deviendront aussi gros que des ânes et les emmèneront à l’eau4. Une facétie du XVIe siècle rentre dans cet ordre d'idées : Un soldat qui se promenoit le long de la riviere d’Andelle avoit des poux altérez à cent et millions, lesquels avoient toujours mangé sans boire. Par quoi sentant la fraîcheur de l’eau, leur print si grande envie de boire qu’ils commencèrent à eux esmouvoir et tirer vers la riviere si tres-roidement et par si grand violence qu’ils entraisnerent le pauvre diable jusques en l’eau, et (pour vray) l’eussent noyé de males eaux, n’eust esté un gros osier planté sur le bord où il se print vaillamment5. On raconte en Basse-Normandie qu’un homme méchant et peu charitable fut mangé tout vivant par les poux. Dans une ancienne comédie figure cette mélédiction :

Je prie Dieu que les poulx Te puissent devorer les os6.

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