‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 280 sur 506 · Richard de Fournival. Le Bestiaire d'amour , p · texte numérisé non relu

Richard de Fournival. Le Bestiaire d'amour , p

2. La Farce de marchandise. Ane. th. français, t. III, p. 258.

S. Alfred Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XV11I, p. 478; t. XVII, p. 218; A. Bout, ibid., p. 220 ; E. Rolland. Faune pop., t. 111, p. 255 ; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 303 ; Irène Paquet, in Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 496.

4. Léon Pineau. Le Folk Lore du Poitou , p. 523 ; Regis de la Colombière. Les Cris de Marseille , p. 138 ; Armana Prouvençau, 1890 ; E. Rolland. Faune populaire, t. 111, p. 255 ; Félix Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce , t. II, p. 21 ; B. Souché. Proverbes , p. 20; P. Fagot. Le Folk- Lore du Lauraguais, p. 312.

5. Philippe d’Alcripe. La Nouvelle fabrique des plus excellens traits, p. 97-98.

6. J. Lecœur. Esquisses du Bocage normand , t. II, p. 90 ; Farce d'ung mary jaloux. Ane. th. français, t. I, p. 132.

DANGER bE LEUR NUIRE

On prétend aux environs de Rennes que la guêpe hait l'homme qui lui tait la chasse, et qu’elle le reconnaît au bout de plusieurs jours *.

Un scrupule, probablement fort ancien, protège la vie de certains insectes, sans que la cause en soit toujours bien claire; toutefois presque tous figurent parmi ceux qui portent chance ou qui sont laborieux. Il est entretenu par la crainte des disgrâces qui attendent leur meurtrier ou leur persécuteur. Au XVIIIe siècle, on ne souffrait pas que l’on lue les grillons dans la pensée qu ils faisaient le bonheur de la maison,2. Dans la Charente après le meurtre de l’un de ces insectes, le berger voyait périr son plus beau mouton ; aux environs de Moncontour-de- Bretagne, le laboureur qui tue une Bête à bon Dieu perd un de ses meilleurs chevaux ; dans la Côte-d’Or, le pâtre qui détruit une fourmilière peut s’attendre à la perte de ses vaches ; dans le Doubs cet acte fait devenir boiteuse une des bêtes du coupable. En Haute-Bretagne si une abeille a été écrasée volontairement dans la maison, toutes les autres quitten t la ruche ; dans la Côte-d’Or, en Wallonie, celui qui tue une mouche à miel est puni jiar le bon Dieu ; en Normandie, il compromet sa chance. A Bouxwiller (Alsace) quand on a écrasé un carabe doré, on craint de perdre quelque chose ; en Eure-et-Loir celui qui le tue est sur d éprouver un malheur dans la journée ; dans le Gard le meurtrier d’une blatte, dite panalario ou panetière, a une disgrâce ; dans la Gironde tuer les araignées porte malheur. En Ille-et-Vilaine, si on écrase une coccinelle, ou même si on l’enferme dans une boite, on est exposé à mourir le lendemain ; en Hainaut celui qui la tue attrape des abcès ; dans la Sarthe ceux qui tuent les grillons risquent de voir leurs doigts se raccourcir3.

Lorsqu’on tracasse certains insectes ou qu’on les tue, on amène un changement, presque toujours fâcheux, dans la température. Dans le Centre de la France, bouleverser une fourmilière en temps de sécheresse est un moyen infaillible de provoquer une ondée; dans la Creuse, si on la défait le soir il pleut le lendemain ; en Wallonie, dans la Gironde et dans le Jura, la pluie survient si on tue un carabe doré, en Wallonie, si on écrase une coccinelle ; si c’est un bousier, on attire le tonnerre4.

1. Paul Sébillot. Trad. de la Haute- Bretagne, t. II, p. 294.

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