J .-B. Thiers, 1. c
2. L. Kerardven. Guionvac'h, p. 9 ; Paul Sébillot. Le Folk-Lore de France, t. T, p. 192.
3. Théophile Viau. Œuvres. Bibl. elzév., t. I, p. 263 ; Les Evangiles, II, 3; E. Rolland. Faune pop., t. 1, p. 87 ; J. -B. Thiers. Traité des sup., t. I, p. 209 ; Richard. Trad. de Lorraine, p, 163 ; Grivel. Chroniques du Livradois, p. 51 ; J.-M. Noguès. Mœurs d'autrefois en Saintonge, p. 118; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 101; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 12; A. Orain. Le F.-L. de l'Ille-et- Vilaine, t. II, p. 13-15 ; Variétés bilio graphiques, t. I, c. 238 ; L. Pineau. Le F.-L. du Poitou , p. 526 ; Jehan de la Chesnaye, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 464.
4. Fleury de Bellingen. Etymologie des proverbes français, p. 176; L.-F. Sauvé,
1. c. p. 175. Suivant G. Bouchet. Serées, 1. II, c. 25, le mauvais présage du lièvre tenait à ce qu’il est hermaphrodite selon aucuns, et qu’il müe de sexe tous les ans.
qu’un lui annonce un décès imprévu ; en Vendée, celle qui va de droite à gauche est seule funeste 1 2.
Plusieurs procédés traditionnels neutralisent les effets des mauvaises rencontres. Tantôt ils sont purement païens, comme celui des paysans poitevins qui, à la vue d’une belette, marchent à recalons en poussant trois pierres, tantôt ils sont plus ou moins christianisés : c’est ainsi qu’en Dauphiné on se signe avant de jeter une pierre sur le passage de la bête. Dans la Gironde celui qui, le matin et à jeun, voit une belette ou une fouine traverser la route, doit tracer immédiatement une croix sur l’endroit où l’animal a passé, en se servant d’une pierre ou d’un morceau de bois ; cet acte exécuté avec la main ou avec le pied, n'aurait aucune efficacité. Les paysans vendéens font une croix sur le sentier qu’une taupe a traversé *.
Les propos gracieux adressés aux animaux les empêchent d’exercer leur pouvoir de nuire : Dans la région des Pyrénées, on est sauvegardé contre la belette, si on l’appelle ainsi dès qu’on l’aperçoit : Pallèt , la beroija dauna que bous es! Pallet, la jolie dame que vous êtes. Dans le Finistère celui qui en voit une traverser le sentier s’empresse aussi de la flatter : Ar garelik — a so bravo' ch evit an demezelik !... La belette — est plus gentille qu’une demoiselle ! Aussitôt l’animal se met à gambader, joyeux du compliment 3 4.
Suivant une croyance familière à l’antiquité, et qui, chez nous, est constatée par plusieurs textes bien antérieurs à l’époque moderne, le loup possède une redoutable puissance de fascination. On disait au XVe siècle : Se aucun voit le loup devant que le loup le voye, il n’aura povoir de lui meffaire et pareillement la personne au loup*. Deux cents ans auparavant le Bestiaire d'amour enregistrait cette superstition avec des détails un peu différents: La nature del leu si est tele qe quant uns hom le voit avant qe il voie l’home, lei leus empert tute sa force et son hardiment, et se li leus voit l’ome premerains, li home empert sa voiz, si qe il ne puet mot dire5. En beaucoup de pays, la perte de la parole ou l’enrouement sont la conséquence la plus habituelle de la rencontre inopinée de ce carnassier ; le proverbe: Il a vu le loup, qui se dit en parlant d’un homme enroué,
1. Variétés bibliographiques , t. II, col. 23 ; B. Souche. Croyances , p. 8.
2. B. Souche, 1. c. C’est ainsi qu’agissait le superstitieux de Théophraste, qui poussait trois petites pierres pour éloigner de lui ce mauvais présage ; Aug. Ferrand, in Rev. des Trad. pop., t. V, p. 414 ; C. de Mensignac. Sup. de la Gironde , p. 110 ; 'jehan de la Chesnaye, in Rev. des Trad. pop., t. XVI1J, p. 464.
3. Camélat, in Mélusine, t. IX, col. 60 ; H. Le Carguet, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 26.