Gholières. Après Diners, p
LES MÉTAMORPHOSES
l'en faut malade une omelette à toiles d’araignées ; en Seine-et-Oise le café composé avec des cricris (grillons) est excellent contre l’hydropisie '.
Les insectes portés comme amulettes ont aussi des vertus thérapeutiques. Au XVIe siècle* une araignée vive dans une noix pendue au col préservait de toute lièvre Dans le pays de Bayeux cet insecte renfermé dans une coquille de noix pendant neuf jours guérit cette maladie ; dans le Doubs, si au bout du même espace de temps, il est encore vivant, l’enfant étique au cou duquel on a suspendu la noix à moitié vidée est assuré de guérir *.
On n'a pas recueilli de superstitions en rapport avec le pouvoir aphrodisiaque des insectes ; on connaissait le suivant vers le milieu du XVIIe siècle : un berger du Dunois mettait des mouches cantharides sous un corporal pendant la messe pour se faire aimer des femmes et des filles3.
Les métamorphoses d’hommes en insectes sont peu communes dans les récits populaires : un conte de Gascogne parle d’un pou gros comme Un haricot ; c’est un jeune homme auquel un magicien a donné cette forme, mais il conserve la faculté de parler; grâce à lui une petite meunière devine où le sorcier a caché les cheveux qu’elle lui a donnés; un enchanteur a transformé en scorpion la princesse Dangobert et l’a emportée dans son château ; elle redevient femme quand celui qui a tué le géant préposé à sa garde la touche avec la main ; dans un récit percheron une mouche, délivrée d’une toile d’araignée, devient une belle fée4.. Dans le Rameau d’or, conte littéraire de Madame d’Aulnoy, une jeune fille indifférente est changée en une sauterelle verte et un prince inilammable en un grillon*. On raconte en Wallonie qu'une sorcière prit la forme d’une araignée, sous laquelle elle fit périr plusieurs enfants : lors d’une nouvelle naissance, le père qui s’était embusqué, voyant une énorme araignée se diriger vers le berceau, lui coupa deux pattes d’un coup de hache, et le lendemain il vit sa propre mère au lit avec les jambes coupées 3 . En Basse-Bretagne, de vieilles femmes prétendent qu’il existe des araignées lutins qui pendant le jour ont la taille d’une araignée ordinaire, mais deviennent très grosses la nuit et peuvent étrangler des hommes ; parfois alors elles prennent la forme de lutins 7 .