Oe de Genlis. Les Jeux Champêtres , p
3. Agrippa d’Aubigné. Les Tragiques, 1. III, p. 140 ; Henry d’Allemagne. Histoire des Jouets, p. 21.
4. Csse de Genlis. Les Jeux champêtres, p. 133, 57, 58; Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop., t. VIII, p. 155-156.
LIS ARBRES
Les branches d’arbres servent aussi à fabriquer des animaux et des bonhommes ;j’ai décrit, avec des figures à l’appui, cette sculpture primitive, encore pratiquée en Ille-et-Vilaine, et aussi en Picardie, où ces figurines se nomment cabotins ou marmousets1,
Voici quelques jeux pour lesquels les enfants utilisent des fruits, des feuilles ou des fleurs qui n ont pas été travaillés, ou qui du moins ont été peu modifiés : Ceux de Haute-Bretagne mettent en ligne les baies rouges d églantier, qui se nomment bœufs, et ils se disputent à qui aura le plus nombreux troupeau. Ils cueillent aussi des feuilles de houx, en disant que ce sont leurs vaches; autant de feuilles autant de vaches ; ils les attachent à la queue les unes des autres et les traînent. Dans le pays messin ils alignent sur le sol ou sur une table des marrons d’Inde, cueillis avant leur complète maturité, et qui sont alors de diverses couleurs et marbrés de diverses façons ; ils leur donnent, d après leur teinte, le nom de chevaux et ils sont censés représenter un attelage 2,
Les pâtours de la Haute-Bretagne qui disent que les grains des baies de 1 églantier sont des poux, s’amusent a tirer ces graines qui sont armées de petites pointes et à les introduire entre la chair et la chemise pour obliger les personnes à se gratter ; dans l’Aube ce fruit et celui du platane servent aux mêmes espiègleries3,
En beaucoup de pays de France les enfants s’amusent à jeter en 1 air la semence de l’érable qui, avant de tomber, tourne quelques secondes. Ils lui ont donné des noms d’animaux ailés, tels que ailes de papillon (Doubs) ailes de libellules (Lot-et-Garohllè, Loire-Inférieure, etc). En Wallonie ils choisissent un dès vertiCilleS fleuris du laurier blanc et en coupent les feuilles de manière à conserver entières les deux fleurs ouvertes de part et d’autre ; puis ils passent au travers de la tige une épine, un fil de fer ou Une aiguille à tricoter et ils soufflent sur les fleurs ; le verticille se met à tourner sur cet aXe cotnme un petit moulin ; dans 1 Aube les fruits du tilleul lancés avec leur bractée tombent lentement en tournoyant à là façon d’une hélice 4.
A Nantes deux enfants prennent chacun deux cerises réunies par le même pied et les font tourner en disant « Passe, petite, passe ! » Ils entrelacent ensuite la queue de leurs cerises et tirent en sens inverse ; celui dont la queue se brise a perdu. Eh Vendée la personne
1. Paul Sébillot, in Rev. des Tracl. pop., t. VIII, p. 159-162; A. Ponction, ibid., L IX, p. 468-469.
2. Paul Sébillot. Coutumes, p. 46 ; E. Rolland. Flore populaire , t. III, p, 139.
3. Paul Sébillot. Trad. t. II, p. 314 ; L. Morin, in Rev. des Trad. pop., t; XIII,
4. E. Rolland. Flore pop. t. III, p. 154, 151-152 ; E. Monseur. Le F.-L. wallon , p. 100 ; Alfred Harou. Le F.-L. de Godarville , p. 116 ; L. Morin, in Rev. des Trad. pop. t. Xlîl, p. 209.