‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 401 sur 506 · Queruau-Lamerie, in Rev. des Trad. pop., t. XIV, p · texte numérisé non relu

Queruau-Lamerie, in Rev. des Trad. pop., t. XIV, p

2. Fréd. Ortoli. Contes de l'île de Corse , p. 17 ; W. Webster. Basque Legends , p. 178; H. Garnoy. Contes français , p. 112; Louis Morin, in Rev. des Trad. pop., t. V, p. 738 ; E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. I, p. 187 ; A. Gittée et J. Lemoine. Contes wallons, p. 19-20; J. -B. Andrews. Contes ligures, p. 144; (E. Le Noble). Le Gage touché, histoires galantes. Paris, 1712, p. 262-263; F.-M. Luzel. Contes de Basse-Bretagne, t. 111, p. 289 ; Johannès Plantadis, in Rev. des Trad. pop., t. XII, p. 536 ; Paul Sébillot. Contes de marins , p. 34; Contes, 1892, p. 21 ; Fréd. Ortoli, 1. c., p. 12.

3. A. Gittée et J. Lemoine. Contes wallons, p. 128 ; A. Desrousseaux. Mœurs pop . de la Flandre française, t. Il, p. 312-317 ; E. Monseur. Bulletin de Folklore , t. I, p. 93.

LES ARBRES

ments de musique. On lira au chapitre suivant comment des roseaux dévoilèrent de cette façon l’infirmité du roi de Portzmarc’h ; un autre roi breton, Gwiwarc’h, avait fait jurer à son barbier, sous peine de mort, de ne révéler à personne que ses oreilles ressemblaient à celles d’un cheval. Le barbier auquel le secret pesait alla le confier à une touffe de sureau qui croissait sur un talus ; l’été suivant, un joueur de biniou en coupa une branche pour en faire une anche ; dès qu’il y eut soufflé, le biniou se mit à répéter :

Ar roué Gwiwarc'h En deuz diou scouarn marc’h.

Le roi Gwiwarc’h - a deux oreilles de cheval. Dans une autre version, un des barbiers de ce roi ayant été mis à mort après son indiscrétion, un sureau poussa sur sa tombe, et un sonneur en ayant cassé une branche pour réparer son instrument, le biniou se mit à jouer le distique révélateur 1 ; d’après une variante, le roi vint à une noce où ]e biniou faisait entendre ces sons, et menaça de mort le sonneur ; celui-ci lui tendit l’instrument, qui dès que le roi eut soufflé, répéta : « Le roi Gwiwarc’h a des oreilles de cheval 2 ». Dans un conte wallon, un frêne croît sur la tombe d’une sœur assassinée par son frère pour lui prendre la fleur merveilleuse qu’elle a réussi à cueillir ; longtemps après, un berger se fait avec un rameau de cet arbre un sifflet, qui en passant de main en main, nomme le meurtrier b L’arbre d’un conte de la Nièvre ne révèle pas le secret qui lui a été confié, parce qu’il est en réalité une sorte de canal destiné à le transmettre en lieu sûr : le héros doit être changé en pierre s’il parle de celui qu’il a surpris ; il est sur le point de le laisser échapper lorsqu’il apprend qu’il peut éviter la métamorphose, si après avoir mangé une orange et fait un trou dans un tronc d’arbre, il y applique ses lèvres, et y murmure tout bas ce qu’il a entendu dire ; les paroles suivront le tronc, descendront par les racines et se perdront dans la rivière4. Un fruit à la mimique révélatrice figure dans un conte gascon ; c’est la Pomme qui danse, rouge comme un coquelicot ; elle découvre la méchante femme qui a ordon né de jeter à la mer deux orphelins, en se mettant à danser, danser, jusqu'à ce qu’elle se pose, sans plus bouger, sur la tète de la coupable5.

Des arbres, qui souvent doivent ce privilège à des circonstances en rapport avec la naissance du personnage, indiquent par leur état le danger auquel il est exposé. Lorsque des fils de pêcheurs vont courir

1. Alain, in Bull. Soc. arch. du Finistère , t. XIX, n° 3 et 4.

2. G. -P. de Ritalongi. Les Bigoudetis, p. 380-381, d’a. Ducrest de Villeneuve: d’autres variantes ont été recueillies à Lost Marc’h en Crozon et à Portz Marc’h en Ploaré.

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