‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 441 sur 506 · LES HERBES DE LA SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

LES HERBES DE LA SAINT-JEAN

maladies de peau ; an lépreux est sûr de guérir s’il va se rouler, le matin, dans un champ où poussent les plantes miraculeuses1.

Quelques croyances bordelaises sont en relation avec le milieu même du jour Saint-Jean : On se procure un porte-bonheur efficace en ramassant, à midi, une cosse de pois renfermant neuf ou dix grains, que l’on ouvre, et où l’on prend, pour les conserver précieusement, quatre grains. Un pied de verveine sauvage, que l’on a cueilli soi-mème, et planté dans un pot, constitue pour l’appartement porte-bonheur; si on désire ardemment se réconcilier, avec une personne avec laquelle on est fâché, il faut s’agenouiller devant cette plante, lui adresser une fervente prière et ce vœu sera exaucé. Mais il est nécessaire que ce pied ait été cueilli à midi sonnant, qu'on ait récité cinq Pater et cinq Ave en le déracinant, qu’il ait été transplanté immédiatement. En Wallonie, le trèfle à quatre feuilles trouvé à la Saint-Jean par une jeune fille lui assure un époux dans l’année2.

Les herbes destinées à servir de talismans aux habitations y sont quelquefois placées avec une sorte de cérémonial ; Le matin de la Saint-Jean, au lever du soleil, les paysans béarnais cueillent dans les vergers et dans les vignes plusieurs pieds ^d herbe de la Vierge [sedum ou sempervivum) qu’ils suspendent ensuite aux planchers de leurs maisons et de leur grange en disant :

Herbe , qui t'es arrousa.de Au casau et dens la prade,

Biu louny temps en ma maysou ,

Ta qu'oubtienyuey moun perdou ,

Puixs apres hè-m plaa mouri ,

Chausi mielhe ne pouyri.

Herbe qui L'es arrosée. — Au jardin et dans la prairie. — Ici longtemps dans ma maison. — Pour que j'obtienne mon pardon : — Ensuite fais-moi bien mourir. — Choisir mieux je ne pourrais. Pour que la protection soit reconnue entière, il faut que la plante ne se flétrisse que juste un an après, le jour encore de la Saint-Jean, au moment où elle va être remplacée 3.

Dans le Gard un bouquet de mille-pertuis et de menthe, composé la veille de- cette fête et placé dans l’endroit le plus en vue de la maison la met à l’abri des sorciers, qui ne manquent pas alors de dire :

r 1. Gaston Constant, in Heu: des Trad. pop. t. XV], p. 361 ; E. Holland. Flore pop., t. III, p. 179; F. Pluquet, Contes de Bayeux , p. 46; Horace Chauvet. Léyendes du Roussillon, p. 69.

2. C. de Mensignac. Sup. de la Gironde, p. 126, 121 ; Wallonia, 1896, p.

Page 1