‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 475 sur 506 · Baïf. Les Jeux, 1573, in-8, p · texte numérisé non relu

Baïf. Les Jeux, 1573, in-8, p

CONSULTAfiÔNê $ÀÜ La chaleur

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ttièt, l’un après l’autre, ddüze grains dë blé ; eirt posattt le premier, l'ofi nortime janvier et l'on atlend qtxe lachalëur l’ait fait crever ; si le saut à lieu VerS le feu, le blé augmentera pendant eë mois ; s’il saute ëfi arrière, c’est signe de baissé ; dit Opère de la même manière poulies autres mois ; én Bourgogne on jette lès grains sür dés charbons ardents. Dans les Ardennes on place sür une pelle bien chaude sept grains de blé ; plus il en sautera hors delà pelle, moins le blé sera cher. En Haute-Bretagne cette épreuve a lieu le 1er janvier, et elle est faite sur la 6 tourhette » à galette; si le grain saüte, le blé sera cher l’anhée qui vient1 2.

EU Provence le procédé est différent: le 4 décembre, jour de la sainte Barbé, on a coutume dans toutes les maisons de mettre dés grainS de blé et des lentilles dans dés CdUpes remplies d’eau qu’on placé sür léS ehéminéés : la chaleur fait bientôt pousser les grains. Oh arrangé aussi des bouteilles revêtues de toiles mouillées sur lesquelles oti fixe des graines; tout cela forme des touffes et des arcs de verdure qui sont en pleine végétation à la Nôël ; on les place à table avec le dessert ; on croit que lorsque lé blé de sainte Barbe pousse bien et conserve sa verdure, 1a récolte des champs sera belle

On tire aussi des pronostics de l’aspect des racines dés céréales qui ont germé ; cette pratique est sans doute plus ancienne que le XVIe siècle, oü elle est constatée par un document écrit :

Pour cungnoistre combien vàuldfa Le quart de bled, 11 te faiildrâ Tirer ung grain germé de terre,

Et puis compte, sans plus t’enquerre,

Combien de racines it aura,

Car autant de soulz il vauldia.

Les laboureurs de la Normandie faisaient, il y aune centaine d 'années, cette consultation, à peu près de la même manière ! ils déterraient au bout de neuf jours une Lige de blé nouvellement levée, et ils regardaient combien elle offrait de racines : leur nombre était celui des boisseau* que le champ rendrait pour chacun de ceux qn’Ort avait semés 3.

L’oignon est employé dans Lest de la France pour connaître la température de l’année qui va commencer. Dans les Vosges, on prend six oignons, et la veille de Noël, dès qu’on entend sonner la messe de minuit, on coupe chaque oignon en deux, après l’avoir pelé, et l’on

1. J, -B. Thiers. Traité des Sup., t. I, p. 297 ; L. Du Bois, Recherches sur là Normandie, p. 350-351 ; N. Rosapelly. Au pays de Bigorne, p. 26; Ladoucette. Mélanges, p. 417-8; L.-A. Fontaine, in Rev. des Irad. pop., t. V, p. 166 (Bourgogne) ; A. Meyrae. Trad. dés Ardennes, p. 171 ; Paul Sëbillot. tract,, t: il, p. 329.

2. Cte dé Villébëuve. Statistique des BoUc/ies-du-Rkôhe, t. lit, p. 229.

3. La Pronostication des anciens laboureurs , iu Ahc. poëteâ françois. Bibl. elz . , t, II, p. 93 ; L. du Bois. Recherches sur la Normandie , p. 350.

LES PLANTES

creuse chaque moitié en lui donnant l'apparence d’une petite écuelle. On les aligne ensuite sur un meuble, en donnant à la première moitié le nom de janvier, à la seconde celui de février et ainsi de suite. Au fur et à mesure qu’on les dénomme, on dépose an fond de chacune une pincée de sel. Pendant huit jours entiers, il est défendu d’y toucher ; après ce délai on regarde : si le sel s’est conservé sec dans une écuelle. le mois auquel elle se rapporte sera sec; si le sel est humide ou fondu, le mois correspondant sera mouillé ou même menacé d’un véritable déluge. En Franche-Comté, où le procédé est le même, on a la réponse en examinant ces petits godets au retour de la messe de minuit. Dans le canton de Lauterbourg (Alsace), la nuit de Noël, les gens tracent douze anneaux dans un grand oignon et sèment du sel dans les douze ouvertures qui représentent chacune un mois ; c’est le jour des Rois que l’on a la réponse; les ouvertures où le sel est resté entier indiquent des mois secs, celles où il s'est fondu, des mois mouillés. Dans la Meuse, la consultation est identique, sauf que les grains de sel sont déposés sur douze pelures d’oignons 1 .

En Haute-Bretagne, on consulte les grandes algues, appelées aussi baromètres, pour savoir le temps qu’il fera ; si la pluie est prochaine, si desséchées qu’elles soient, elles redeviennent molles et humides. Dans le pays de Tréguier, les enfants qui désirent savoir s’il fera beau le lendemain et si les bateaux pourront sortir, tendent à la brise du soir, en le tenant par les extrémités, un ruban de varech à matelas. S’il vibre constamment en produisant un son ininterrompu, le présage est favorable ; les sons ininterrompus présagent des vents forts ; si les intervalles des vibrations sont très irréguliers, surtout si l’intensité du son varie, on peut s’attendre à une tempête prochaine 2.

Dans le sud-ouest quelques herbes sont sensibles à la présence des adeptes de la sorcellerie ; dans la Gironde, ceux qui ont chez eux un pot d'herbe de la Saint Jean ( sedum telephium ), la voient se flétrir dès qu elle se trouve dans le voisinage d'une personne ayant fait un pacte avec le diable; en Saintonge, les liges de l’herbe de Saint Jean ou Chasse diable (. hypericum perfnratum ), liée en botillons et attachée au plancher, s’inclinaient comme si elles s 'étaient soudainement fanées quand un sorcier pénétrait dans la maison. L’herbe de la Vierge ( Sedum cepœ ) que l’on attache au plafond dans les campagnes angevines, continue, grâce aux réserves nutritives accumulées dans ses feuilles, à vivre, à végéter et même à fleurir; mais elle meurt aussitôt et se

1. L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 380; Ch. Beauquier. Les Mois en Franche-Comté, p. 139-140 ; P. Ristelhuber. in Rev. de s Trad. pop., t. XI, p. 568; H. Labourasse. Vieux us. etc., de la Meuse, p. 188.

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