‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 477 sur 506 · S 7 COUTUMES ET EMBLÈMES · texte numérisé non relu

S 7 COUTUMES ET EMBLÈMES

La coutume de servir, à certaines époques de l'année, des plais où figurent traditionnellement des graines ou des fruits de plantes, est encore assez répandue. Il n’est guère de maison, dans la vallée de la Moselle où l’on ne voie sur la table, au repas du soir de la Toussaint, de la bouillie de millet ; suivant une croyance générale, autant de grains de millet l'on mange à ce souper, autant d’âmes du Purgatoire on délivre ; le même usage existe dans le Doubs et dans la Haute-Saône *. A Escoussens, dans le Tarn, il était de rigueur de servir un plat de haricots au repas des funérailles ; à Fours, dans les Basses-Alpes, vers 1820, on y mangeait des lentilles2. En d’autres pays c’étaient des fèves, et un écrivain du XVIe siècle en donne une curieuse explication : Encoresen quelquespaïs aujourdhuy, onmangedes febves aux obsèques des morts : car dessus les feuilles de ses fleurs semblent eslre certaines lettres et characteres qui représentent la pleur et sont signes de douleur et tristesse. Naguère dans la vallée de Bagnes (Suisse romande), la famille devait donner un plat de fèves aux invités et aux pauvres. Dans la Marche et dans la partie du Berry qui en est voisine, un plat de fèves ou de pois secs figure toujours au banquet qui suit l’enterrement h On appelle dans l’Yonne, le dimanche de la grollée, celui où les nouveaux mariés doivent donner à leurs parents et amis des pois grillés (grolée). A Marseille, il est d’usage de manger des pois chiches le dimanche des Rameaux, pour être préservé toute l’année des luroneles ; à Montpellier où il existe aussi, les bonnes femmes l’expliquent en disant que Jésus a traversé un champ semé de ce légume 3 4 5.

En Basse-Bretagne, au milieu du XVIII* siècle, on mangeait aux fêtes de Pâques par une espèce de dévotion ou de superstition l’herbe appelée ar Gouat (Tanésie) avec du lait doux, l'un et l’autre cuits ensemble (i.

Les choux sont fréquemment associés aux coutumes matrimoniales. Dans le Castrais, les jeunes gens les dérobent pour en faire une soupe qui est servie aux mariés dans le courant de la soirée ; s’ils n’étaient pas volés, ce serait manquer à l’usage ; dans la Creuse, la poule qui a été promenée partout est assommée le soir avec un chou ; le chou et la

1. L.-F. Sauvé. F.-L. des Hautes-Vosges, p, 295 ; Ch. fleauquier. Les Mois en Branche-Comté , p. 124-125.

2. A. de Chesnel. Usages de la Montagne Noire , p. 363 ; Rolland. Flore von. t

IV, p. 239. ^

3. Guillaume Bouchet, berées , IV, p. 110 ; Archives Suisses des Trad. pop., 1901, p. 48; Laisnel de la Salle, Croyances du Centre, t. Il, p. 83.

4. Cornât. Dict. du patois de l'Yonne ; Régis delà Colombière ; Les Cris dé Marseille, p. 272; A. Certeux, in Rev. des Trad. pop., t. XUÏ, p. 343,

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