‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 490 sur 506 · E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. I, p · texte numérisé non relu

E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. I, p

3. Mme d’Aulooy. Cabinet des Fées, t. 111, p. 7, 10, 13, 14; (Madame de Murat). Histoires sublimes et allégoriques . Paris, 1699, in-12, t. II, p. 117.

4. E. Herpin, in Revue des Trad. pop., t. XIV, p. 579 ; A. Le Braz. La Légende de la Mort , t. II, p. 395 ; t. 1, p. 204.

LES PLÀNtSS QUI CHANTENT

nuit et jour, et d’une autre herbe bleue, qui ne cesse aussi de chanter, mais qui, de plus, coupe le fer; un coureur d’aventures va cueillir dans une île de la mer la Fleur Dorée, la fleur de baume, la fleur qui chante comme un rossignol ; quand elle a été plantée dans le parterre du roi, la Peste noire qui désolait le pays cesse aussitôt ; cette même Fleur Dorée, la fleur qui chante au soleil levant, figure dans un conte gascon; elle est gardée par cent loups’. La fève qui monte au ciel répond plusieurs lois à celui qui l'a plantée et qui s’impatiente de ne pas la voir croître assez rapidement -. Des magiciennes pour que leur fuite ne soit pas découverte, font parler à leur place les fruits de ce légume : dans un conte champenois, des fèves mises sur le feu par la tille d’un ogre répondent à son père tant qu’elles ne sont pas cuites ; dans un conte littéraire du XVIIe siècle, une fève qu’une princesse fugitive a touchée de sa baguette parle également jusqu’au moment où sa cuisson est achevée 3.

Dans un parallèle de la légende de Midas, recueilli à la fin du XVIIIe siècle, le roseau ne devient révélateur que lorsqu’il a été transformé en instrument : Le roi de Portzmarc’h faisait mourir tous ses barbiers, de peur qu’il ne racontassent qu’il avait des oreilles de cheval. L’intime ami du roi qui venait le raser avait juré de ne pas dire ce qu’il savait, mais ne pouvant résister à la tentation d’en parler, il fut, par le conseil d’un sage, le dire aux sables du rivage. Trois roseaux poussèrent en ce lieu ; les bardes en firent des anches de hautbois qui répétaient : « Portzmarc’h, le roi Portzmarc’h a des oreilles de cheval ! 4 »

Des plantes chantent pour dénoncer un coupable ou pour révéler un secret: un enfant assassiné par son frère est enterré dans un jardin rempli de fleurs magnifiques; un berger qui passe un peu après, cueille la plus belle, et elle se met à chanter aussitôt que ce n’est pas lui qui l’a tué. Dans un conte de la Haute-Bresse, la fosse d’un petit garçon tué par sa sœur se couvre de plantes, "parmi lesquelles sont des roseaux qui chantent sans intervention humaine ; une bergère en coupe un; dès qu’elle l’a porté à ses lèvres il parle du crime, et quand la sœur coupable est forcée de l’approcher à son tour de sa bouche, il l’accuse du meurtre

Les plantes qui, en se flétrissant, indiquent un danger ou un changement de condition, sont bien plus rares que les arbres doués de cette faculté : elles figurent dans un épisode d’un récit breton dont l’origine

1. J. -F. Bladé. Contes de Gascogne, t. I, p. 28, 120-123, t. II, p. 96-97.

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