Henri Maire, in Le Pays lorrain, juillet
2. G. Dottin. Les Pariera du Bas-Maine, p. 235 ; Paul Sébillot. Petites légendes chrétiennes, p. 20; E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 264 ; A. Orain. Le F. -L.de Vllle-et-Yilaine, t. II, p. 69-70; Ch. Bartholomez, in Wallonia, t. II, p. 207.
3. Paul Sébillot. Petites légendes chrétiennes, p. 20 ; R. Le Chef, in Rev. dés Trad. pop., t. X. p. 581.
LA COLORATION DES λLCMËS 1 Ij9
à l'exception de son bec qui garde la couleur de l'or qu'il avait voulu dérober '.
Une légende lorraine rattache à un épisode du déluge les belles colorations du Martin-pêcheur. Noé après avoir lâché la colombe, chargea l'oiseau bleu d'aller voir si la terre reparaissait. Lorsque celui-ci quitta l'arche le matin, il s'éleva un si grand vent, que pour ne pas être précipité dans Tonde, il prit son essor vers le ciel. 11 arriva bientôt dans le bleu du firmament où il n'hésita pas à s'enfoncer : de gris qu'il était auparavant, son plumage se colora de bleu. Parvenu à une grande hauteur, il vit le soleil qui se levait bien loin au-dessous de lui ; il dirigea son vol de ce côté pour le voir de plus près ; plus il en approchait, plus la chaleur devenait vive ; les plumes de son ventre commencèrent même à roussir et à prendre feu. Il se hâta de venir l'éteindre dans les eaux qui couvraient la terre. Mais il eut beau regarder, l'arche avait disparu, parce que Noé l'avait démolie pour en faire une maison et des étables. L'oiseau se mit à appeler Noé, en poussant des cris aigus. Aujourd'hui encore, on le voit cherchant le long des rives s'il ne retrouvera pas l'arche ou quelques-uns de ses débris. Il a conservé sur la partie supérieure de son corps le plumage bleu de ciel qu'il a acquis dans le firmament, et son ventre est encore tout roussi par suite de l'imprudence qu'il a commise de s'approcher du soleil2.
L'échancrure triangulaire de la queue de l'hirondelle remonte, d'après les paysans wallons, à une des tentatives faites pour apporter le feu aux hommes : lorsqu'il fallut le chercher au ciel, cet oiseau se présenta le premier, et le bon Dieu lui donna le feu, en lui recommandant de ne pas le lâcher avant d'être sur la terre ; mais pendant qu'il descendait, le feu s'étant mis dans sa queue en brûla le milieu, et il lâcha le feu qui remonta au ciel 3. La tradition de la Côte-d'Or est différente : au moment où les animaux devaient sortir de l'arche, le serpent, plein de prudence, envoya le cousin pour savoir, en pompant le sang de toutes les créatures, quel était le meilleur. Lorsque le moustique, ayant accompli sa mission, vint dire que celui des hommes était supérieur à celui de tous les autres animaux, l'hirondelle lui coupa la langue d'un coup de bec; le serpent furieux happa l'hirondelle parla queue pour la dévorer, mais les plumes seules du milieu lui restèrent dans la gueule ; depuis elles n'ont plus repoussé *.
Une légende normande du moyen âge, dont le parallèle n'a pas été relevé de nos jours, explique l'origine d'une particularité d'un oiseau de passage. Sainte Opportune, abbesse d'Almenesches, voyant ses