‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 164 sur 491 · Courval-Sonnet. Satire VII (1622), p · texte numérisé non relu

Courval-Sonnet. Satire VII (1622), p

178 Les oisÈAùi sauvâmes

'rrresso ! 'rrrresso ! Agace ! espèce d'agacé ! gueuse ! gueuse ! mauvaise pièce ! grresse ! rrresse ! rrresse l !

On trouve dans un poëme du XIIIe siècle une sorte de cri de guerre qui est aussi fondé sur une interprétation d'un chant d'oiseau :

Et le rossignol ça et ci Crie : fier ! fier ! oci ! oci !

Si que sa manace tormente Tout le vergier2.

Une sorte d'aversion héréditaire excite les unes contre les autres diverses espèces ; le chat-huant, que, ainsi qu'on l'a vu, tous les oiseaux détestent est, en Haute-Bretagne particulièrement, persécuté par les pies, et l'on dit en proverbe des gens qui en veulent à. quelqu'un : Ils sont autour de lui comme la pie après le chouan 3. Au XVI<> siècle, on prétendait que les oiseaux manifestaient surtout leur animosité en allant détruire les œufs de leurs adversaires :

Le chat-huant est un oyseau Plus laid mille fois qu'il n'est beau, Et pour desrober, de nuict veille Humant les œufs de corneille.

Quand il s'en est remply le ventre Lk corneille alors ne sommeille Et au nid du chat-huant entre Si bien qu'el' lui rend la pareille 4.

L'aigle meine guerre avec le petit Roytelet et grimpereau qui luy fait de grants outrages, car lorsqu'il sent l'aigle absente, il luy casse ses œufs '.

Quelques oiseaux manifestent leur charité à l'égard des hommes : on dit en Haute-Bretagne que le rouge-gorge et la fauvette chantent pitié près des corps morts et qu'ils se tiennent auprès jusqu'à ce qu'on soit venu les chercher; d'après un Almanach, le Postillon lorrain, 1884, le rouge-gorge amasse des feuilles sur les cadavres de deux orphelins morts de faim dans les bois, et une légende, probablement de la Haute- Normandie, dit qu'il couvre de feuilles et de mousse les corps de ceux qui n'ont pas été ensevelis. On raconte en Franche-Comté qu'au moment où l'on exorcisait un homme qui avait vendu son âme au diable, une mystérieuse hirondelle, laissa tomber à terre le pacte infernal qu'elle portait sous ses ailes ; en Alsace, c'est une cigogne (année 1613) qui, dans les mêmes circonstances, rapporte le fatal écrit6.

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